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Coup d’Etat manqué en Gambie


Le président Yahya Jammeh de la Gambie arrive pour un sommet sur la sécurité au cours d'une commémoration du centenaire de l'unification du nord du Nigeria et le sud à Abuja, au Nigeria, le 27 février 2014.

Le président Yahya Jammeh de la Gambie arrive pour un sommet sur la sécurité au cours d'une commémoration du centenaire de l'unification du nord du Nigeria et le sud à Abuja, au Nigeria, le 27 février 2014.

Le palais présidentiel a été attaqué par des militaires non immédiatement identifiés mardi vers 03H00 locales (et GMT), alors que, de source gouvernementale gambienne, le président Jammeh, 49 ans, effectue depuis le week-end dernier une visite privée à Dubaï, au Qatar.

Plusieurs sources avaient évoqué un séjour privé en France mais une source proche du dossier à Paris a indiqué qu'il n'y a aucune indication que M. Jammeh se trouvait dans le pays.

Le bilan de ces violences était pour le moment inconnu, mais des membres au sein de la diaspora gambienne dans la région ont état de morts et de blessés.

Mardi en début d'après-midi, ces évènements n'avaient suscité aucune annonce officielle en Gambie, ex-colonie anglophone de près de deux millions d'habitants dirigée par M. Jammeh, un ancien militaire parvenu au pouvoir par un coup d'Etat en 1994 et élu à plusieurs reprises depuis.

Selon plusieurs sources, il s'est agi d'une tentative de coup d'Etat qui a échoué.

A Banjul, des militaires et des policiers ont été déployés dans les rues, vidées des habitants, selon un correspondant de l'AFP.

Certains soldats patrouillaient à pied, exhortant au calme et demandant aux gens de rester chez eux. Des résidents ont indiqué avoir essayé de se rendre sur leurs lieux de travail mais avoir été priés de rebrousser chemin.

"La police et l'armée contrôlent (actuellement) entièrement la situation", a assuré à l'AFP un officier de l'armée, joint mardi en fin de matinée, sans plus de détails.

La radio nationale a été coupée pendant quelques heures mais avait repris ses émissions peu avant 11H00, en diffusant de la musique. La télévision nationale, elle, était à l'arrêt.

- Ils 'voulaient renverser le régime' -

De nombreux habitants de la zone de Marina Parade, sur corniche est de la capitale, où est située la présidentielle, ont affirmé avoir été réveillés par des coups de feu, qui ont été entendus jusqu'en milieu de matinée.

"Des membres des forces armés gambiennes ont été impliqués dans d'importants échanges de tirs aux alentours de 03H00", a indiqué à l'AFP une source militaire, sans préciser leur nombre ou les unités concernées.

Les assaillants "voulaient renverser le régime" de Yahya Jammeh, réélu en 2011 pour un quatrième mandat de cinq ans, a-t-on ajouté.

Un diplomate gambien habituellement en poste dans un pays africain et qui était mardi à Banjul, a confirmé l'attaque. Selon lui, parmi les assaillants, figuraient des membres de la garde présidentielle.

"Mais au moment où je vous parle, la situation est sous contrôle", a dit ce diplomate, joint dans la matinée.

"Selon nos informations, il y a une tentative de coup d'Etat cette nuit", à laquelle "auraient pris part des éléments de la garde présidentielle", a également expliqué à l'AFP une source occidentale dans la région.

La tentative de putsch "aurait été mise en échec, les militaires favorables au président auraient pris le dessus", a-t-elle indiqué.

L'opposant gambien Sheikh Sidya Bayo a évoqué "un début de mutinerie qui s'est transformée" en une tentative de prise du pouvoir, dans une déclaration à la radio privée sénégalaise Futurs Médias (RFM).

Le pouvoir gambien a plusieurs a plusieurs fois annoncé avoir déjoué des complots depuis l'arrivée au pouvoir du président Jammeh par un coup d'Etat en juillet 1994 sans effusion de sang.

Alors lieutenant âgé de 29 ans, il avait renversé le président Dawda Jawara, premier chef d'Etat de la Gambie, ex-colonie britannique indépendante en 1965.

Né le 18 février 1965 dans famille paysanne de l'ouest, il a troqué l'uniforme contre de luxueux boubous - souvent blancs et cultive l'image d'un président à l'écoute de son peuple.

Mais il est plus souvent critiqué pour sa politique répressive envers la presse, l'opposition politique et les organisations de défense des droits de l'homme.

La France "suit avec attention la situation en Gambie", a déclaré à Paris le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

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