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Disparus du Novotel en Cote d'Ivoire : les victimes tuées "dans un bombardement", affirme un accusé


Des soldats français déployés près de l'hôtel Novotel, Abidjan, Côte d'Ivoire, 7 avril 2011. REUTERS/Luc Gnago

Des soldats français déployés près de l'hôtel Novotel, Abidjan, Côte d'Ivoire, 7 avril 2011. REUTERS/Luc Gnago

Un des co-accusés du meurtre de quatre hommes, dont deux Français, enlevés en 2011 à l'hôtel Novotel d'Abidjan au plus fort de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, s'est défendu mercredi en affirmant que les victimes avaient été "tuées dans un bombardement".

La cour a débuté ses auditions par l'interrogatoire du colonel Léopold Okou Modi, alors chef du poste de contrôle du palais présidentiel et chef des opérations de la garde républicaine du président de l'époque, Laurent Gbagbo.

"J'ai vu des gens vivants dans la cour (du palais). Il y a eu des bombardements. Je vais me cacher. A mon retour, ils sont morts", a déclaré l'officier au deuxième jour du procès qui s'est ouvert mardi avec plusieurs mois de retard sur le calendrier initial.

Il n'a pas précisé qui avait procédé au bombardement évoqué alors que des combats opposaient, aux derniers jours du régime, les fidèles du président Gbagbo aux combattants soutenant son rival Alassane Ouattara, reconnu comme élu par la communauté internationale vainqueur de la présidentielle de la fin 2010,

Il a ajouté ignorer qui avait envoyé les victimes au palais du président Gbagbo.

"J'ai découvert deux Blancs, un métis parmi des gens que je ne connaissais pas..., j'ai réussi à dégager les gens et j'ai demandé à deux hommes qu n'étaient pas armés de les garder" juste avant le "bombardement" du palais, a-t-il expliqué.

Les Français Stéphane Frantz Di Rippel, directeur du Novotel, et Yves Lambelin, directeur général de Sifca, plus grand groupe agro-industriel ivoirien et figure du patronat local, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général d'une filiale de Sifca, avaient été enlevés le 4 avril 2011 à l'hôtel Novotel.

Dans une capitale économique ivoirienne livrée aux combats, un commando armé avait fait irruption dans l'hôtel, situé dans une zone contrôlée par le camp Gbagbo.

Selon les autorités ivoiriennes - installées après l'arrestation le 11 avril de Laurent Gbagbo à l'issue de quatre mois de crise qui ont fait plus de 3.000 morts-, les quatre hommes avaient été emmenés au palais présidentiel, torturés et tués.

Le deuxième accusé interrogé mercredi, un commissaire de police, a affirmé avoir été désigné pour "enlever les corps" et les déposer à l'infirmerie de la garde républicaine située aux environs du palais mais en avoir été "dépossédé" par des inconnus. "J'ai remis les corps à des gens que je ne connais pas", a déclaré le commissaire Osée Logué.

"Je suis incapable de vous dire où sont les corps. Des gens sont venus chercher les corps alors que je venais les déposer à la première compagnie de la garde républicaine" qui abrite l'infirmerie, a-t-il dit.

"Où sont les corps qu'on vous a confiés?", a insisté le juge Mourlaye Cissoko. "Je suis désolé", a simplement répondu l'accusé.

Le tribunal doit poursuivre jeudi l'auditions des co-accusés, dix hommes parmi lesquels figurent huit militaires ivoiriens.

Avec AFP

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