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Côte d'Ivoire : Ouattara, favori d'une présidentielle menacée par l'abstention


Une passante devant des affiches électorales pour la présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2015.

Une passante devant des affiches électorales pour la présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2015.

Si Alassane Ouattara part favori de la présidentielle ivoirienne, une forte abstention est à craindre dimanche, conjuguée aux critiques de l'opposition.

A la veille de l’élection présidentielle, dimanche 25 octobre en Côte d’Ivoire, le camp d’Alassane Ouattara est confiant et vise une victoire dès le premier tour. Ce sont en effet moins les six adversaires du président sortant - dont son principal rival Pascal Affi N’Guessan - qui sont craints que l’abstention.

"Notre adversaire s'appelle le taux d'abstention", assure à l’AFP Alphonse Soro, député et responsable de la jeunesse du RDR. "Comment convaincre les gens de voter, c'est ça la problématique."

Un peu plus de 6 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales mais l'abstention risque en effet d'être forte dans les bureaux de vote qui doivent ouvrir à 07 h GMT et fermer à 17 h GMT.

La commission électorale indépendante (CEI) a prorogé de trois jours la date limite de retrait des cartes d'électeurs et le gouvernement a lancé des campagnes pour inciter les gens à voter. Mais, selon un observateur, "on devrait être loin, très loin des 80 % de participation de l'élection de 2010".

Trois candidats boycottent le scrutin

Au risque de forte abstention, il faut ajouter les critiques de l’opposition. Les adversaires de Ouattara ont exigé la "dissolution" de la CEI qu'ils considèrent favorable au président-candidat, et ont accusé les médias d'Etat d'être au service du président.

En outre, trois candidats, l'ancien ministre des Affaires étrangères Amara Essy, l'ex-président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly et l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny se sont retirés de la course pour "ne pas se rendre complice d'une mascarade électorale", selon M. Essy, et pour dénoncer des "irrégalurités", selon M. Konan Banny.

Si le pouvoir et des observateurs ont ironisé sur ces boycotts l'attribuant à la peur "de prendre une veste" des opposants, il n'en reste pas moins qu'Amnesty International a appelé la Côte d'Ivoire à "mettre fin aux arrestations arbitraires d'opposants (...) à l'approche de la présidentielle". "Les récurrentes arrestations et détentions arbitraires d'opposants politiques, selon Amnesty, créent un climat de peur qui compromet l'exercice de la liberté d'expression".

L’ombre de Laurent Gbagbo

L'ombre de l'ex-président, qui attend son jugement par la Cour pénale internationale (CPI) dans une cellule à La Haye, plane aussi sur cette élection. En 2010, son refus de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara avait plongé la Côte d'Ivoire dans cinq mois de violences qui s'étaient soldées par la mort de 3 000 personnes, épilogue sanglant d'une décennie de crise politico-militaire.

Pour éviter les contestations, un dispositif d'authentification biométrique des électeurs sera mis en place pour le scrutin dont les résultats seront collectés et transmis par voie électronique des bureaux de vote à la commission électorale à Abidjan afin de parer aux critiques de bourrages d'urnes et de fraudes.

Quelque 34 000 soldats, dont 6 000 Casques bleus, assureront la sécurité à travers le pays et une campagne d'affichage demande aux 23 millions d'Ivoiriens de respecter le résultat issu des urnes.

Les premiers résultats sont attendus en début de semaine.

Avec AFP

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