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Côte d’Ivoire : HRW met en garde contre une justice partiale


Des experts et des médecins s'apprêtant à ouvrir une fosse commune dans la cour d'une mosquée du quartier Yopougon, à Abidjan

Des experts et des médecins s'apprêtant à ouvrir une fosse commune dans la cour d'une mosquée du quartier Yopougon, à Abidjan

Un rapport de Human Rights Watch, publié près de deux ans après la fin du conflit, souligne que malgré les prétentions du gouvernement, seuls quelques-uns des plus célèbres auteurs présumés de crimes ont été livrés à la justice.

Un nouveau rapport de l’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) souligne que la Côte d’Ivoire risque bien de replonger dans la violence en raison de l’absence d’une justice équitable après le conflit qui a suivi l’élection présidentielle en 2010-2011.



Le rapport, publié près de deux ans après la fin du conflit, souligne que malgré les prétentions du gouvernement, seuls quelques-uns des plus célèbres auteurs présumés de crimes ont été livrés à la justice.


Plus de 3.000 personnes avaient perdu la vie au cours des cinq mois durant lesquels l’ancien président Laurent Gbagbo avait refusé de quitter le pouvoir. Sa défaite au second tour de la présidentielle de novembre 2010 avait provoqué un conflit avec le nouveau président-élu Alassane Ouattara.

Mais pour Human Rights Watch et d’autres organisations des droits humains, c’est l’impunité de graves crimes commis durant les dix années de crise politique qui ont précédé cette élection qui aurait, en partie, déclenché le conflit.
Philippe Bolopion, le représentant aux Nations Unies de HRW, explique que M. Ouattara semblait déterminé à ne pas répéter les anciennes erreurs après son arrivée au pouvoir en mai 2011.

Le conflit ivoirien a fait des milliers de réfugiés

Le conflit ivoirien a fait des milliers de réfugiés

En octobre dernier, un tribunal militaire avait convoqué cinq partisans du clan Gbagbo pour le kidnapping et le meurtre d’un colonel durant les émeutes qui ont suivi l’élection présidentielle. C’est le seul procès lié au conflit post-électoral qui a eu lieu jusqu’ici.
En attendant, plus de 100 autres partisans du clan Gbagbo doivent être jugés dans cette affaire. Malgré l’irréfutable évidence que des crimes ont été commis des deux côtés, les opposants de M. Ouattara, qui attendent d’être jugés, considèrent la justice comme partiale.

Les autorités gouvernementales, y compris le président Ouattara lui-même, ont expliqué que davantage de temps était nécessaire pour permettre à l’ensemble des investigations d’aboutir. « Il faut traiter de la meilleure façon ces cas-là, c’est des cas qui sont extrêmement complexes, sur lesquelles on ne peut pas, parce qu’on a une pression, se contenter de dire des décisions qui ne sont pas les bonnes », a déclaré le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné.


Le nouveau rapport passe au crible plusieurs mesures qui, selon HRW, peuvent relancer le processus judiciaire. Bien que le gouvernement ait créé une Cellule d’Investigation Spéciale (CIS) uniquement pour enquêter sur les crimes commis pendant le conflit, le rapport dévoile qu’elle ne fait pas son travail correctement, faute de ressources suffisantes. HRW recommande d’allouer plus de ressources à cette cellule.

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