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En Corse, la justice valide un arrêté anti-burkini pris après une rixe


Une femme portant un burkini marche dans l'eau le 27 août 2016 sur une plage à Marseille en France.

Une femme portant un burkini marche dans l'eau le 27 août 2016 sur une plage à Marseille en France.

Un tribunal administratif a refusé mardi de suspendre un arrêté anti-burkini pris par un maire de Corse au lendemain d'une rixe entre des Marocains et des habitants de la commune, mi-août.

Fin août, après deux semaines d'intenses polémiques autour du burkini, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, avait estimé que ces tenues de bain intégrales ne pouvaient pas être interdites en France si elles ne causaient pas de troubles à l'ordre public.

Plusieurs villes du littoral méditerranéen, dont Nice et Cannes, qui avaient banni de leurs plages les tenues de bain "non respectueuses de la laïcité" sans justification liée à l'ordre public, ont donc dû lever l'interdiction.

Le cas du village corse de Sisco était un peu différent puisque le maire avait pris son arrêté après une violente bagarre qui avait fait des blessés, provoqué d'importants dégâts matériels et mobilisé une centaine de gendarmes et policiers.

L'origine de la bagarre reste obscure mais serait liée à la volonté de trois frères marocains de "privatiser" la plage mais aussi à la présence d'une femme voilée. L'affaire doit être jugée le 15 septembre.

Compte tenu de ces événements, "de leur retentissement et du fait que l'émotion n'est pas retombée, la présence sur une plage de Sisco d'une femme portant un costume de bain de la nature de ceux visés" serait "de nature à générer des risques avérés d'atteinte à l'ordre public qu'il appartient au maire de prévenir", a estimé mardi le tribunal administratif de Bastia (nord de la Corse). La requête de la Ligue des droits de l'homme demandant la suspension de cet arrêté a donc été rejetée.

"C'est un soulagement pour moi et ma population", a réagi auprès de l'AFP le maire de Sisco, Ange-Pierre Vivoni. Son arrêté interdit "l'accès aux plages et la baignade à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité ainsi que le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes", une formulation très proche des autres arrêtés proscrits.

"Mon arrêté n'était pas de la prévention, je l'ai pris pour la sécurité des biens et personnes de ma commune, je risquais d'avoir des morts !", avait-il expliqué à l'AFP.

Les tensions autour de la communauté musulmane sont montées ces derniers temps en Corse. En décembre, un lieu de prière musulman avait été saccagé en représailles après une attaque contre des pompiers. Le mois dernier, les élus corses ont demandé à l'Etat de fermer les lieux de culte musulman fondamentalistes dans l'île. Le FLNC, un groupe indépendantiste, a quant à lui menacé les "islamistes radicaux" de "réponse déterminée" en cas d'attaque.

Dernière friction en date, deux femmes voilées ont été prises à partie lundi devant une école maternelle de Bonifacio par deux hommes qui leur ont interdit d'entrer. La situation s'est finalement apaisée sans violence, en présence du maire de la ville, d'une inspectrice d'académie et de gendarmes. En France, les signes religieux sont interdits dans les écoles pour les élèves, non pour les parents.

Avec AFP

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