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Corruption au Kenya : le président remanie son gouvernement


Uhuru Kenyatta à l'Assemblée générale de l'ONU le 28 septembre 2015. (AP Photo/Frank Franklin II)

Uhuru Kenyatta à l'Assemblée générale de l'ONU le 28 septembre 2015. (AP Photo/Frank Franklin II)

Cinq ministres ont été démis de leurs fonctions mardi soir, car impliqués dans des scandales de corruption au Kenya. Ils avaient déjà été écartés temporairement en mars.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a remanié son gouvernement mardi soir en démettant de leurs fonctions cinq ministres impliqués dans des scandales de corruption, en réponse aux critiques de plus en plus virulentes sur le niveau de corruption dans le pays.

Les cinq ministres concernés avaient été écartés temporairement en mars - tout en continuant à recevoir leur salaire -, après avoir été cités dans un rapport de la Commission éthique et anticorruption (EACC).

Il s'agissait des ministres de l'Agriculture, de la Pêche et du développement de l'élevage Felix Koskei, de l'Infrastructure et des Transports Michael Kamau, de l'Energie et du Pétrole Davis Chirchir, du Travail Samuel Kazungu Kambi et des Terres, du Logement et du Développement urbain Charity Ngilu.

En annonçant le remaniement, le président Kenyatta, qui a déjà effectué plus de la moitié de son premier mandat de cinq ans, a estimé qu'il "ferait en sorte que ceux en charge de fonctions publiques rendent des comptes".

Cette décision fait suite à la démission samedi, officiellement pour raisons de santé, d'une autre ministre au coeur d'un scandale, Ann Waiguru, en charge de la Décentralisation et de la Planification.

Une enquête parlementaire dans son ministère, où les fonctionnaires sont soupçonnés de gonfler démesurément leurs dépenses, avait révélé entre autres l'achat d'une télévision pour 17.600 dollars (15.900 euros) ou d'un simple stylo pour 85 dollars (79 euros).

Lundi, le président Kenyatta avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre la corruption. Il avait estimé que celle-ci était une menace à la sécurité nationale et avait appelé les leaders religieux à en faire un "péché contre Dieu et l'humanité".

A la mi-novembre, une dizaine d'ambassadeurs des principaux bailleurs de fonds du Kenya - dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Union européenne, la France, l'Allemagne et le Japon - avaient estimé que la corruption "compromet(tait)" l'avenir du pays en menaçant sa croissance économique et sa sécurité.

Dans l'Indice de perception de la corruption 2014 de l'ONG Transparency International, le Kenya est classé 145e sur 174 pays.

Au Kenya, un mandat électif est souvent perçu comme un moyen d'enrichissement personnel.

En juillet, un rapport du contrôleur général du Kenya avait jeté une lumière crue sur l'ampleur de la corruption qui gangrène le pays: à peine 1% des dépenses du gouvernement y répondent aux règles comptables.

La presse kényane a régulièrement consacré ses Unes à des scandales de corruption ces dernières semaines.

AFP

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