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COP21 : Issoufou, le président du Niger, réclame un "accord contraignant" sur le climat


Mahamadou Issoufou à Malte, le 12 novembre 2015. (AP Photo/Antonio Calanni)

Mahamadou Issoufou à Malte, le 12 novembre 2015. (AP Photo/Antonio Calanni)

"Il faut un accord contraignant à Paris, des engagements clairs, fermes, il faut que le commerce des émissions de gaz à effet de serre et du carbone soit organisé", a déclaré Mahamadou Issoufou dimanche.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a réclamé dimanche "un accord contraignant" et "des engagements clairs et fermes" lors de la conférence de l'ONU sur le climat qui s'ouvre à Paris, répétant que les pays pollueurs devaient "payer".

"Il faut un accord contraignant à Paris, des engagements clairs, fermes, il faut que le commerce des émissions de gaz à effet de serre et du carbone soit organisé", a déclaré M. Issoufou à TV5 Monde et RFI.

"Il faut que les pollueurs payent. Il faut que Paris envisage des sanctions, des engagements contraignants", a-t-il répété.

"L'enjeu de la COP21 c'est comment limiter la hausse de la température à 2 degrés d'ici 2100, mais 2 degrés, c'est pour le monde, et 2 degrés pour le monde ca veut dire 3 degrés pour l'Afrique", a souligné M. Issoufou, estimant que l'objectif pour le continent africain était de limiter le réchauffement à 1,5 degré.

"Quand on regarde les contributions des différents pays, on est largement en-deçà de ce qu'il faut faire", a-t-il noté, insistant sur l'enjeu du financement des mesures.

"Pour le seul Niger, c'est 8 milliards de dollars qu'il faut mobiliser sur 10 ans pour lui permettre de financer sa contribution", a indiqué M. Issoufou, soulignant que son pays allait faire des propositions pour le lac Tchad, troisième réserve d'eau douce au monde, qui a perdu 90% de sa superficie depuis les années 60.

"A quel coût on va avoir accès à l'énergie solaire, à l'énergie éolienne, à l'hydroélectricité ? Il faut convaincre tous les partenaires que nous sommmes sur le même bateau. Ceux qui ont accumulé les gaz à effet de serre pour leur développement, il faut qu'ils payent", a-t-il insisté.

Le président nigérien a également mis en avant "le lien direct" entre la dégradation des conditions climatiques et la dégradation sécuritaire.

"Ce n'est pas un hasard si Boko Haram (le mouvement islamiste armé sévissant au Nigeria et dans les pays voisins) est né autour du lac Tchad. Ce lac se meurt, ce lac est en train de disparaître, on va vers une catastrophe majeure", a-t-il martelé.

Lundi, près de 150 chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent au Bourget, près de Paris, pour le coup d'envoi officiel de la plus grande conférence sur le climat (COP21) jamais organisée.

AFP

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