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Congo : un mouvement citoyen demande la libération d'un de ses membres incarcéré depuis sept mois


Des résidents des quartiers du sud de Brazzaville fuient les affrontements entre les forces de sécurité congolaises et des assaillants inconnus, 4 avril 2016. AFP / STRINGER / Congo

Des résidents des quartiers du sud de Brazzaville fuient les affrontements entre les forces de sécurité congolaises et des assaillants inconnus, 4 avril 2016. AFP / STRINGER / Congo

Le mouvement citoyen "Ras-le-bol" a réclamé samedi la libération d’Andy Bemba, un de ses militants, arrêté et détenu depuis sept mois sans jugement.

Andy Bemba, 34 ans, a été arrêté fin octobre et incarcéré pour "complicité d'incendie volontaire de stations-service et d'un marché" lors des mouvements de protestation contre le changement de la Constitution, a rappelé les représentants de Ras-le-bol, lors d'une conférence de presse.

Le "Ras-le-bol" s'était opposé en octobre au changement de Constitution permettant au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat.

Dans leur plaidoyer, le groupe de jeunes contestataires du régime demande "purement et simplement [sa] libération.

M. Bemba "ne peut plus faire l'objet d'un jugement parce que les délais de sa détention préventive ont été largement dépassés", a déclaré Christ Freeman Bouka membre du mouvement citoyen, ajoutant que M. Bemba "a été inculpé sans preuves".

Pour Ras-le-bol, la détention de M. Bemba "est une violation flagrante du code de procédure pénale et représente une atteinte grave et manifestement illégale aux droits de l'Homme".

Le 19 mai, le procureur général auprès la Cour d'appel de Brazzaville a formalisé un pourvoi en cassation d'un arrêt de la chambre d'accusation ordonnant la mise en liberté provisoire de M. Bemba. "Le procureur a agi selon la loi. Et conformément à la loi, Andy Bemba doit être jugé et non relaxé", a déclaré à l'AFP une source judiciaire sous couvert d'anonymat.

Avant son arrestation, M. Bemba occupait les fonctions de spécialiste économique et commercial à l'ambassade des Etats-Unis à Brazzaville. "Son incarcération n'a rien à voir avec son travail à l'ambassade", a affirmé à l'AFP une source proche de l'ambassade.

Six autres membres de Ras-le-bol arrêtés et incarcérés en octobre pour avoir organisé une "une marche non autorisée" contre le changement de la Constitution ont été libérés dès janvier.

Entrée en vigueur en novembre, la nouvelle loi fondamentale a autorisé M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans au pouvoir, de briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle du 20 mars, qu'il a remportée avec plus de 60% de voix. Son score a été qualifié de "forfaiture" par cinq opposants.

Avec AFP

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