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Congo Brazzaville : un retour agité au pays pour le général Mokoko


 Denis Sassou Nguessou dans un bureau de vote à Brazzaville lors du référendum, le 25 octobre, 2015.

Denis Sassou Nguessou dans un bureau de vote à Brazzaville lors du référendum, le 25 octobre, 2015.

Le convoi du candidat à la présidentielle du 20 mars prochain a été la cible de jets de pierre et de gaz lacrymogènes mardi dès son retour à Brazzaville.

Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d'état-major et ancien conseiller spécial du président Sassou-Nguesso, a été chahuté lorsque son convoi quittait l'aéroport Maya-Maya de Brazzaville.

Il a essuyé des jets de pierres et de gaz lacrymogènes qui ont fait des blessés dont un journaliste congolais. Le général a dénoncé une « tentative d'intimidation du pouvoir ».

Pour Charles Zacharie Bowao, qui coordonne la plateforme d'opposition Frocad-IDC, « ce qui s’est passé à l’aéroport prouve qu’en réalité le gouvernement ne veut pas aller à l’élection et veut créer les conditions pour qu’il n’y ait pas de transparence, pas d’apaisement, puis faire un passage en force comme en octobre dernier, ce que personne n’acceptera.»

Vers la rupture

En juillet dernier le général Mokoko s’était publiquement opposé au projet de réforme constitutionnelle permettant à Denis Sassou Nguesso de se représenter. Cette prise de position lui avait valu d'être convoqué à Brazzaville par son ministre de la Défense qui avait tenté sans succès de le ramener dans les rangs.

Le 3 février, le général Mokoko, représentant spécial de l’Union africaine pour la Centrafrique et l’Afrique Centrale avait démissionné de ses fonctions de conseiller de Denis Sassou-Nguesso chargé des questions de paix et de sécurité. Il occupait ce poste depuis 2008.

Dans la lettre de démission il dit que « ce qui se passe depuis lors dans notre pays n'a fait que conforter ma prise de position. » Cet ancien chef d'état-major se présente en candidat indépendant. Il a ses réseaux au sein de l'armée et jouit d'une certaine popularité car beaucoup au Congo se souviennent de son rôle dans l'avènement du multipartisme lors de la conférence nationale de 1991.

En octobre dernier, lors des manifestations contre le référendum à Pointe Noire, certains manifestants arboraient des banderoles avec son nom. Maintenant que la rupture est consommée avec son ancien patron, le général par sa candidature, espère sans doute se placer au-dessus de la mêlée.

Plusieurs candidats pour un seul fauteuil

Ils sont nombreux les candidats qui veulent déboulonner Sassou Nguesso : Joseph Kignoumbi Kia Mboungouet André Okombi Salissa (qui a été ministre dans tous les gouvernements congolais entre 1997 et 2012) ont annoncé leur candidature. Anguios Nganguia Engambé, candidat malheureux en 2009, se relance dans la course tout comme Guy-Brice Parfait Kolélas, ancien ministre et fils d’un ancien Premier ministre. Clément Miérassa va se présenter pour la troisième fois. Pascal Tsaty Mabiala dont le parti avait remporté les premières élections multipartites en 1992 estime que son parti pourra relever le défi. Enfin Gilda Rosemonde Moutsara Gambou est la première femme à se jeter dans la course.

Idriss Fall a joint Trésor Chardon Nzila Kendet directeur exécutif de l’Observatoire Congolais des Droits de l’homme qui se trouvait hier à l’aéroport de Brazzaville.

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