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Congo-Brazzaville : la campagne pour le référendum est lancée


Denis Sassou-Nguesso, le président de la République du Congo

Denis Sassou-Nguesso, le président de la République du Congo

La campagne du référendum du 25 octobre, qui verra les Congolais se prononcer sur un projet de constitution permettant au président Denis Sassou Nguesso de briguer un nouveau mandat en 2016, s'est ouverte vendredi.

"Conformément à la loi, le scrutin est précédé d'une campagne électorale déclarée ouverte du 9 au 23 octobre à minuit", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Raymond Mboulou, dans un message radiotélévisé.

Cette campagne "doit avoir lieu dans un climat social apaisé, un climat de tolérance, d'acceptation de la différence, un climat qui exclut la provocation, le bannissement et qui préserve fondamentalement l'ordre public", a ajouté M. Mboulou.

Dans le sud de Brazzaville, la police a dispersé à la mi-journée à l'aide de quelques grenades lacrymogènes une marche de quelques dizaines de militants de l'association Ras-le-bol, farouchement opposée au changement de constitution, selon des habitants du quartier Bacongo interrogés par l'AFP.

Au commissariat central de la capitale, on a indiqué que six personnes arrêtées lors de la marche étaient retenues pour être interrogées.

Samedi, les partisans de M. Sassou et du changement de constitution prévoient un meeting annoncé comme "grandiose" en début d'après-midi dans le centre de Brazzaville.

Le lieu choisi pour cette manifestation est symbolique : c'est l'endroit même où l'opposition avait réussi le 27 septembre son plus grand rassemblement depuis 1997, aux cris de "Non au référendum !" "Sassoufit !" ou "Sassou dégage !"

Le projet de nouvelle constitution ferait entrer le Congo dans une nouvelle République et sauter les deux verrous qui empêchent M. Sassou de se présenter à la présidentielle devant avoir lieu mi-2016 : la limite d'âge de 70 ans imposée aux candidats et le nombre de deux mandats maximum imposé au chef de l'État.

M. Sassou est accusé par l'opposition de vouloir "perpétrer un coup d'État constitutionnel" d'autant plus que le projet devant être présenté au peuple n'est pas celui d'une révision constitutionnelle mais d'une nouvelle constitution.

Âgé de 72 ans cette année, M. Sassou cumule plus de trente ans à la tête du pays. Il a dirigé le Congo à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009.

Avec AFP

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