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Conflits et lutte antiterroriste au menu du sommet arabe en Jordanie

  • VOA Afrique

Le roi Salmane d'Arabie saoudite, aéroport international de Tokyo-Haneda, le 12 mars 2017.

Les dirigeants arabes se retrouvent mercredi en Jordanie pour leur sommet annuel, sur fond d'impuissance face aux multiples conflits et guerres dans leur région, principalement en Syrie.

Ce 28e sommet ordinaire des Etats membres de la Ligue arabe s'ouvre vers 11H00 locales (09H00 GMT) à Sweimeh, au bord de la mer Morte et 17 des 22 dirigeants arabes y prendront part, dont le roi Salmane d'Arabie saoudite, poids lourd régional, selon le pays hôte.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres y seront également présents.

A l'ordre du jour, les conflits en Syrie, au Yémen et en Libye, la lutte contre les groupes djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique (EI) qui sévissent notamment en Syrie et en Irak, ainsi que l'insoluble conflit israélo-palestinien.

"Ce sommet ne sera pas différent des précédents. L'ordre (politique) dans le monde arabe est faible, divisé et souffre de dysfonctionnements depuis de longues années", a déclaré à l'AFP Oraib Rantawi, directeur du Centre Al-Quds pour les études politiques.

Il a dit ne pas s'attendre à des décisions surprise lors de ce sommet, alors que les membres de la Ligue arabe, minée par les divisions, ne parviennent pas à régler les conflits qui agitent le Moyen-Orient, surtout depuis le Printemps arabe.

'Rôle plus actif'

Qualifiant la guerre en Syrie de "la plus grave crise de l'histoire récente de la région", le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a appelé lundi les Arabes à jouer un "rôle plus actif" dans la résolution de ce conflit.

La Russie et l'Iran, alliés du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien de la rébellion, ont pris la main dans le conflit syrien qui a fait plus de 320.000 morts et des millions de réfugiés, et qui est devenu plus complexe encore avec l'implication des groupes djihadistes et d'acteurs régionaux et internationaux.

L'Iran est le principal rival régional de l'Arabie saoudite qui soutient l'opposition syrienne. Un 5e round de négociations est organisé actuellement sous l'égide de l'ONU à Genève entre régime et opposition mais sans avancée notable.

Le régime syrien a perdu depuis 2011 son siège au sein de la Ligue arabe et la Syrie n'est pas représentée au sommet.

Pour sa part, Antonio Guterres, lors d'une visite dans le camp de réfugiés syriens de Zaatari en Jordanie, a estimé mardi que les pays arabes devraient mettre leurs différends de côté pour faire face à la crise syrienne.

"Quand les pays arabes sont divisés, cela permet à d'autres d'intervenir, de créer de l'instabilité, de favoriser les conflits et (la montée en puissance) des organisations terroristes", a-t-il dit.

Mohammed VI et Béchir présents

L'année dernière, le Maroc avait renoncé à accueillir le sommet arabe, en disant redouter "une fausse impression d'unité et de solidarité (...) dans un monde arabe qui traverse une période difficile". Le sommet s'était finalement tenu en Mauritanie.

Le roi Mohammed VI est attendu cette année en Jordanie, pour la première participation d'un souverain marocain à un sommet arabe depuis 2005, selon une source officielle jordanienne.

La guerre au Yémen sera aussi à l'ordre du jour alors que le conflit dans ce pays pauvre de la péninsule arabique a fait selon l'ONU quelque 7.700 morts depuis mars 2015 et l'intervention d'une coalition militaire arabe commandée par Ryad pour venir en aide au pouvoir face aux rebelles.

La crise en Libye, plongée dans le chaos à cause des rivalités et des combats entre factions rivales, sera également abordée par les dirigeants arabes.

Enfin, et malgré les protestations d'ONG, le président soudanais Omar el-Béchir participera au sommet de Jordanie où il est arrivé mardi soir. M. Béchir est visé par des mandats d'arrêt par la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de génocide et crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans le conflit dans la région du Darfour.

Avec AFP

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