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Un conflit politico-religieux provoque d'énormes bouchons sur les routes en Israël


Le premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry, Jerusalem le 10 juillet 2016.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry, Jerusalem le 10 juillet 2016.

D'énormes embouteillages se sont produits dimanche matin en Israël en raison de l'arrêt de la circulation d'une grande partie des trains provoqué par un conflit politico-religieux sur le travail pendant le sabbat, le jour de repos du judaïsme.

L'arrêt des trains, qui a touché 150.000 passagers sur les 213.000 transportés chaque jour, selon la compagnie ferroviaire, est la conséquence des pressions exercées par les partis religieux juifs membres de la majorité sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le chef du gouvernement a interdit vendredi soir peu avant le début du sabbat la poursuite de travaux d'entretien sur les voies. La religion juive interdit de travailler, de circuler en voiture, d'allumer ou d'éteindre l'électricité durant le sabbat célébré du vendredi soir au samedi soir.

La décision du Premier ministre a contraint la compagnie ferroviaire à reporter à la fin du sabbat ces travaux, prévus pour durer une vingtaine d'heures, ce qui a provoqué une interruption du trafic dimanche, notamment sur la principale ligne reliant Haïfa (nord) à Tel Aviv, la capitale économique du pays.

Les trains devraient circuler de nouveau normalement dimanche en début de soirée, selon la compagnie ferroviaire. Pour réduire l'impact de cette interruption du trafic, des dizaines d'autobus supplémentaires ont été mobilisés, ce qui n'a fait qu'aggraver les bouchons dimanche, premier jour de travail de la semaine.

La semaine dernière, les ultra-orthodoxes, qui prônent une application stricte des règles du judaïsme, avaient évoqué la possibilité de quitter le gouvernement en cas de poursuite des travaux durant le repos hebdomadaire. Le gouvernement de M. Netanyahu est dépendant d'eux: sa majorité de 66 sièges sur 120 à la Knesset (Parlement) comprend les 13 sièges du Shass et de Judaïsme unifié de la Torah, les deux partis religieux.

Cette affaire a également un caractère politique. En ordonnant l'arrêt des travaux, M. Netanyahu a désavoué publiquement le ministre des Transports Israël Katz, un de ses rivaux au sein du Likoud, son parti, qui les avait autorisés.

Le bureau du Premier ministre a accusé dans un communiqué M. Katz de "vouloir saper les relations entre le Premier ministre et les ultra-orthodoxes" et de vouloir "porter atteinte à l'image du Premier ministre" auprès des Israéliens.

"Cette crise est totalement inutile. Les ministres sont nommés pour éviter les crises et non pas pour les provoquer", a affirmé dimanche M. Netanyahu lors du conseil des ministres, tandis que les commentateurs évoquaient le possible et imminent limogeage de M. Katz.

L'arrêt du trafic dimanche a fait la une des médias et provoqué des manifestations de centaines d'usagers qui se sont rassemblés samedi soir devant plusieurs gares, notamment à Tel-Aviv, pour conspuer le gouvernement.

Avec AFP

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