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Comores: le candidat du pouvoir battu à la présidentielle réclame des partielles


Mohamed Ali Soilihi, à droite, candidat du pouvoir sortant à la présidentielle du 10 avril 2016 aux Comores

Mohamed Ali Soilihi, à droite, candidat du pouvoir sortant à la présidentielle du 10 avril 2016 aux Comores

Mohamed Ali Soilihi, candidat malheureux à la présidentielle aux Comores a introduit un recours à la Cour constitutionnelle, exigeant que des élections partielles dans les bureaux où des incidents avaient été signalés.

La Cour constitutionnelle est chargée de valider ou non les résultats du second tour de la présidentielle du 10 avril dans l'Union des Comores, petit archipel de l'océan Indien.

Selon les résultats provisoires de la commission électorale, le colonel Azali Assoumani, ancien putschiste au pouvoir de 1999 à 2006, est arrivé en tête avec 40,98% des suffrages exprimés. Il devance de très peu le candidat du pouvoir sortant Mohamed Ali Soilihi dit "Mamadou" (39,87%), suivi du gouverneur de l'île de la Grande-Comore, Mouigni Baraka (19,15%).

Le scrutin du 10 avril avait été émaillé d'incidents, notamment sur l'île d'Anjouan: urnes brisées, interruption du scrutin, bourrage d'urnes et actes de violences ont été recensés dans une quinzaine de localités.

"Mamadou" a déposé cinq recours auprès la Cour constitutionnelle, demandant notamment l'organisation d'élections partielles dans les 15 localités d'Anjouan où le scrutin a été perturbé, selon Ynoussa Assoumani, directeur de campagne du candidat.

Dans le village de Mitsoudjé, d'où est originaire le colonel Assoumani, "des morts ont voté, des personnes vivant à l'étranger ont voté alors que les procurations n'étaient pas autorisées", a-t-il aussi affirmé.

Mais du côté du vainqueur du scrutin, Azali Assoumani, on exclut la tenue d'élections partielles.

Alors que "Mamadou" a appelé ses partisans à "rester confiants", ceux du colonel Assoumani ont organisé mercredi dans la capitale Moroni un toirab, un concert de musique traditionnelle, pour fêter leur victoire.

La prudence semble être la règle adoptée par la communauté internationale. Aucun pays n'a à ce jour publiquement félicité le gagnant de l'élection. D'habitude en première ligne dans les affaires de l'archipel, l'Union africaine a été particulièrement discrète.

L'Union européenne a elle estimé dans un communiqué que le scrutin présidentiel s'était déroulé "de manière satisfaisante sur le plan technique (...) en dépit d'incidents sur l'île d'Anjouan. Les résultats incomplets (...) d'Anjouan et les contestations éventuelles par les parties prenantes comoriennes devront être traitées selon les procédures prévues par la loi."

Avec AFP

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