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Colombie : l'armée américaine, soutien précieux pour l'après-conflit


Le président Barack Obama serre la main du président colombien Juan Manuel Santos après avoir parlé lors d'une réception pour le Plan Colombie , l'effort commun pour créer un avenir plus sûr , plus prospère pour les Colombiens , dans la East Room de la Maison Blanche à Washington ,

Le président Barack Obama serre la main du président colombien Juan Manuel Santos après avoir parlé lors d'une réception pour le Plan Colombie , l'effort commun pour créer un avenir plus sûr , plus prospère pour les Colombiens , dans la East Room de la Maison Blanche à Washington ,

Alors qu'un accord de paix historique se profile entre la guérilla des Farc et le gouvernement colombien, ce dernier espère bien garder le soutien de l'armée américaine dans la période de l'après-conflit.

Signe de l'importance de cette question, le président Juan Manuel Santos a déroulé la semaine dernière le tapis rouge pour recevoir le chef d'état-major inter-armées américain, le général Joe Dunford, en visite à Bogota.

Car pour la Colombie, les Etats-Unis représentent un appui précieux : depuis 1999, leur Plan Colombie lui a apporté quelque 10 milliards de dollars de financement militaire pour l'aider à se renforcer face aux puissants cartels de drogue et aux guérillas, dont la plus importante du pays, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Les académies militaires américaines ont aussi entraîné des troupes colombiennes, tandis que des contrats d'armes ont permis d'équiper et de moderniser son armée.

Mais ce travail main dans la main va-t-il se poursuivre, maintenant que le gouvernement semble tout proche de signer la paix avec les Farc, mettant fin au plus vieux conflit armée d'Amérique latine?

S'exprimant face aux journalistes après son voyage, jeudi, Joe Dunford a souligné l'insistance de Bogota sur la nécessité de maintenir ces liens militaires entre les deux pays.

"Leur principal message aujourd'hui était +Hé, vous ne pouvez pas nous ignorer, tout cela n'est pas fini+", a raconté le haut dirigeant militaire lors de son vol de retour de la Colombie vers le centre militaire américain Southcom, en Floride.

"S'il vous plaît, ne pensez pas que vous pouvez détourner le regard de la Colombie, la plus importante partie de la campagne est de gagner la paix, et cela ne finit pas avec l'accord (de paix, ndlr), ça commence", ont déclaré ses interlocuteurs colombiens, selon les dires de M. Dunford.

- 'Paix Colombie' -

Les Etats-Unis ont d'ores et déjà montré qu'ils ne comptaient pas s'arrêter là : en février, le président Barack Obama a annoncé l'octroi d'une aide de 450 millions de dollars pour financer le plan de paix.

Si la date-butoir du 23 mars initialement fixée par le gouvernement et les Farc pour la signature d'un accord de paix ne sera finalement pas respectée, les deux parties ont bon espoir de parapher ce texte d'ici la fin de l'année.

Le plan Colombie, lancé par Bill Clinton et poursuivi par George W. Bush puis Barack Obama, est donné en exemple à Washington comme la réussite d'une initiative au-delà des clivages politiques qui a contribué à stabiliser un pays désormais considéré comme l'une des démocraties les plus dynamiques d'Amérique latine.

A l'époque, l'Etat sud-américain, fragilisé face au narcotrafic et aux guérillas, était presque en faillite, se rappelle Joe Dunford, plus haut responsable militaire américain.

"Si vous regardez où en était la Colombie au milieu des années 1990 et si vous regardez où elle en est aujourd'hui", dit-il : "C'est une démocratie solide en Amérique du Sud, une force de stabilité dans la région et ils apportent aussi une large contribution à la communauté internationale".

"Donc oui, cela valait le coup", assure le militaire.

En Colombie, le plan ne fait cependant pas l'unanimité, ses détracteurs dénonçant en particulier les violations des droits de l'homme ayant marqué cette période.

Barack Obama veut rebaptiser le programme d'assistance en Paix Colombie : une partie des fonds continuera d'aller vers l'armée et la lutte contre le trafic de drogue, mais la priorité sera de réintégrer les membres des Farc au sein de la société, de nettoyer les zones minées et d'apporter une aide humanitaire.

Le déminage promet d'être la partie la plus difficile, car il ne s'agit pas de mines métalliques, ce qui complique leur détection.

"Ce sont des mines improvisées, il y a des bouteilles en plastique avec des produits chimiques, quand vous marchez dessus, les produits se mélangent et ça explose", raconte l'expert William Clark, de Southcom.

Washington gardera aussi un oeil attentif sur la hausse récente de la production de cocaïne et la nécessité, pour les 7.000 combattants des Farc, de réapprendre à vivre dans un pays en paix.

Avec AFP

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