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Climat: l'aide aux pays du Sud doit encore monter en puissance


Fumée provenant de la combustion de déchets, à la périphérie de Phnom Penh, Cambodge

Fumée provenant de la combustion de déchets, à la périphérie de Phnom Penh, Cambodge

Avec une augmentation de près de 10 milliards par rapport à 2013, l'OCDE estime dans un rapport présenté mercredi à Lima dans le cadre des réunions de la Banque mondiale et du FMI, que "des progrès significatifs" ont été réalisés pour atteindre les 100 milliards.

Les financements des pays du Nord vers ceux du Sud pour lutter contre le réchauffement climatique sont orientés à la hausse avec 61,8 milliards de dollars mobilisés en 2014, selon l'OCDE, l'objectif étant d'arriver à 100 milliards par an en 2020. Le respect de cette promesse conditionne la signature des pays du Sud à l'accord mondial sur la climat espéré fin 2015 à Paris.

En 2013, l'aide, que ce soit sous forme de dons ou de prêts, d'organismes publics ou privés, s'est élevée à 52,2 milliards, précise l'OCDE, chargée de réaliser ce rapport pour faciliter les discussions sur le projet d'accord, à moins de deux mois de l'ouverture de la conférence climat. "La principale conclusion est qu'il y a eu des progrès significatifs en direction de l'objectif de 100 milliards de dollars", indique l'OCDE. "Notre mandat était de fournir un état des lieux des financements", a précisé lors d'un briefing téléphonique Simon Buckle, l'un des auteurs du rapport, en précisant que l'OCDE n'avait pas été missionnée pour "faire des projections" jusqu'en 2020.

Les pays développés se sont engagés en 2009 à Copenhague à augmenter progressivement les financements pour des projets climat (réduction des gaz à effet de serre ou adaptation au réchauffement) vers les pays en voie de développement pour atteindre 100 milliards par an en 2020. Jusqu'ici, faute de définition précise des financements pouvant être comptabilisés, le débat était très confus. "Ce n'est pas une estimation parfaite (...) mais nous pensons que c'est une estimation solide et actualisée qui sera utile à l'approche de la COP21", a déclaré Simon Buckle, à moins de deux mois du rendez-vous parisien (30 novembre-11 décembre).

Ce rapport de l'OCDE est-il susceptible de faciliter les discussions entre les 195 pays? "Le signal positif, c'est que les financements climat sont sur une trajectoire orientée à la hausse", a commenté auprès de l'AFP Athena Ballesteros du World ressources institute, un think tank américain. D'ici 2020, "les pays ont encore le temps de revoir (leurs engagements) à la hausse", a ajouté cette experte, mais "il y a encore beaucoup de chemin à faire" "Il faut regarder de près la méthodologie" et voir si les chiffres "sont valables ou pas", prévient Jens Mattias Clausen de Greenpeace pour qui "l'impact sur la dynamique des négociations" dépendra de cette analyse. Ensuite, "pour avoir une chance de conclure un accord à Paris, nous avons besoin d'une feuille de route claire jusqu'aux 100 milliards en 2020", souligne le militant écologiste.

Les auteurs du rapport ont précisé que les montants promis pour le Fonds vert pour le climat (10 milliards d'ici 2018) ne figuraient pas dans leurs calculs, ce fonds n'étant opérationnel que depuis fin 2014 et les premiers projets bénéficiaires pas encore connus. En faisant la moyenne sur 2013 et 2014, l'OCDE a calculé que la part des financements publics était de 71%, celle du privé de 26% et les crédits export de 3%.

L'ONG Oxfam déplore qu'une "part marginale des financements, 16%, soit effectivement destinée à l'adaptation des populations les plus vulnérables", la très grande majorité de l'aide allant à des projets visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'organisation, attachée à ce que les pays les plus vulnérables soient les plus aidés, regrette aussi que "seulement 1 à 2 milliards de dollars par an seulement soient destinés à cette adaptation sous forme de dons", le reste prenant la forme de prêts.

Avec AFP

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