Liens d'accessibilité

Cinquantenaire de la « guerre contre la pauvreté »


Lyndon B. Johnson et son épouse Lady Bird, visitant l'habitation de Tom Fletcher, père de huit enfants au chômage, dans le cadre de la guerre contre la pauvreté

Lyndon B. Johnson et son épouse Lady Bird, visitant l'habitation de Tom Fletcher, père de huit enfants au chômage, dans le cadre de la guerre contre la pauvreté

Les Américains marquent cette semaine le 50ème anniversaire de la guerre contre la pauvreté, programme phare de l’ancien président Lyndon Johnson, un démocrate.

C’est en effet le 8 janvier 1964 que M. Johnson profitait de son premier discours sur l’état de l’Union pour rappeler que près d’un Américain sur cinq vivait dans la pauvreté, mais qu’il proposait une solution.

« Cette administration aujourd'hui, ici et maintenant, déclare la guerre inconditionnelle à la pauvreté en Amérique », déclarait M. Johnson.

Cette « guerre » prendrait la forme de nouveaux programmes visant à améliorer la nutrition, les soins de santé, l'éducation et la formation professionnelle.

« Nos principales armes dans cette attaque plus ciblée seront de meilleures écoles, une meilleure santé et de meilleurs logements, et une meilleure formation et de meilleures possibilités d'emploi » ajoutait le chef de l’exécutif.

M. Johnson proposait un ensemble de mesures législatives, et le Congrès adoptait alors une loi établissant le Bureau des Opportunités Économiques afin d'administrer les applications locales des fonds fédéraux ciblant la pauvreté, ainsi que la loi sur la sécurité sociale de 1965 (Social Security Act de 1965) chargée de créer les programmes d’assurance santé Medicare et Medicaid, respectivement pour les personnes âgées et les nécessiteux.

Cette politique johnsonienne poursuivait les objectifs du New Deal du président démocrate Franklin Delano Roosevelt.

Les critiques font valoir que si le taux de pauvreté se chiffrait aux alentours de 19 % dans les années 1960, il n’est tombé aujourd’hui qu’à 15 %.

« Ce n'est pas beaucoup si l'on considère combien d'argent nous avons dépensé. Si vous remontez à 1964, nous avons dépensé peut-être 15 mille milliards de dollars, et pourtant la pauvreté semble n’avoir guère bougé » souligne Michael Tanner de l’institut Cato ici à Washington.

C’est ce qui fait dire par les conservateurs au Congrès que les dépenses sociales sont devenues incontrôlables, et que les allocations chômage découragent les gens de travailler.

Pourtant, rétorque Ron Haskins de la Brookings Institution, des millions d’Américains ont été sauvés de la pauvreté. Même son de cloche de James Jones, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous l’administration Johnson.

« Maintenant que l'histoire a eu 50 ans pour se pencher sur son œuvre, il me semble qu'ils commencent à apprécier le fait que Johnson était vraiment un président exceptionnel » a déclaré M. Jones.
XS
SM
MD
LG