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Cinq membres de Lucha et une journaliste accusés de "désobéissance civile" en RDC


Les militants de Lucha posent à la sortie de prison, Goma, le 26 juillet 2016

Ces six personnes arrêtés jeudi à Bunia dans le nord-est de la République démocratique du Congo ont été accusés de "désobéissance civile" et transférés au parquet, a indiqué leur avocat.

"Les six militants de Lucha (Lutte pour le changement) et une journaliste de la Radiotélévision locale Lobiko, arrêtée avec eux, ont été transférés au parquet de grande instance de Bunia", ville du nord-est de la RDC, a déclaré à l'AFP leur avocat joint par téléphone depuis Kinshasa, Me Augustin Yaongonda.

"La police les accuse de désobéissance civile et outrage à l'autorité publique", a-t-il ajouté.

Selon Me Yaongonda, ces accusations se basent sur des morceaux de papiers découverts dans les poches des militants et sur lesquels il est noté : "15 ans de tuerie, 15 ans de corruption, 15 ans de chômage", en référence au nombre d'années du règne du président congolais Joseph Kabila.

Les six personnes ont été arrêtées jeudi à Bunia alors qu'elles s'apprêtaient à tenir une conférence de presse sur la campagne "Bye-Bye Kabila" appelant le chef de l'État à quitter ses fonctions le 20 décembre.

"Je ne vois pas où est la désobéissance civile ou l'outrage, ils n'ont même pas eu le temps de tenir leur conférence de presse ni distribuer quoi que ce soit", a protesté l'avocat, espérant que le magistrat du parquet dira que ces infractions sont "non établies".

L'organisation congolaise de défense de la presse "Journaliste en danger" (JED) exige la libération de la journaliste, Adèle Uvon.

Lucha est un mouvement congolais de jeunes indignés né à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, et qui se présente comme un "mouvement citoyen non-partisan et non-violent". Cette organisation a néanmoins appelé jeudi à la "saisie des avoirs" d'une trentaine de personnalités congolaises - que Lucha considèrent comme "prédateurs de la démocratie"- après le 19 décembre.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le renvoi à une date indéterminée de la présidentielle et des législatives qui auraient dû avoir lieu cette année.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Son mandat s'achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.

En vertu d'un accord signé avec une frange minoritaire de l'opposition prévoyant la constitution d'un gouvernement élargi, M. Kabila entend se maintenir au pouvoir après cette date.

Avec AFP

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