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Cinq jours après l'attentat de Nice, l'heure du débat sur l'état d'urgence


Les drapeaux français en berne en mémoire des victimes deux jours après l'attentat du 14 juillet à Nice, France, le 15 juillet 2016.

Les drapeaux français en berne en mémoire des victimes deux jours après l'attentat du 14 juillet à Nice, France, le 15 juillet 2016.

Cinq jours après l'attentat de Nice (sud de la France), le gouvernement français va demander mardi aux députés de prolonger l'état d'urgence pour trois mois, dans un climat politique très tendu avec la droite, qui réclame des mesures antiterroristes plus musclées.

La France sort de trois jours de deuil national, avec pour point d'orgue une minute de silence lundi midi en hommage aux 84 personnes tuées et 300 blessées le soir du 14 juillet sur la célèbre Promenade de Anglais, fauchées par Mohamed Lahouaiej Bouhlel au volant d'un poids lourd.

Sur le front de l'enquête, les dernières investigations ont permis de dessiner un profil déroutant du tueur : un homme, inconnu des services antiterroristes qui, jusqu'à sa radicalisation "récente", était éloigné de la religion, consommait alcool, drogue et avait une "vie sexuelle débridée". "Aucun élément de l'enquête ne démontre à ce stade l'allégeance" du Tunisien à l'Etat islamique (EI), qui a revendiqué l'attentat, selon le procureur de la République de Paris, François Molins.

A Nice, dans la nuit de lundi à mardi, une chaîne humaine composée de centaines de personnes a déplacé dans l'émotion les fleurs, peluches et mots d'hommage déposés sur la Promenade des Anglais vers deux lieux de recueillement à proximité, avant que la voie soit rouverte en totalité à la circulation.

Côté politique, il n'y a pas eu de trêve et les hostilités pourraient reprendre de plus belle dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.

Le projet de loi de prorogation de l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre, sera examiné à 9H00 (07H00 GMT) en Conseil des ministres, avant son examen dans la soirée à l'Assemblée nationale. C'est le Premier ministre, Manuel Valls, hué à Nice lundi, qui viendra lui-même défendre cette quatrième prolongation, pour l'heure programmée jusqu'au 26 octobre.

Mais "le débat sur la durée aura lieu au Parlement", a déjà fait savoir le Premier ministre. De fait, des sources parlementaires et gouvernementales ont indiqué lundi soir à l'AFP que l'état d'urgence devrait finalement être maintenu jusqu'à début 2017. Un geste en direction de la droite, qui ne votera ce texte que sous conditions.

- Six personnes toujours en garde à vue -

Le projet de loi va rétablir les perquisitions administratives et permettre d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis. Appelant au "rassemblement", M. Valls s'est montré ouvert à toute proposition pour "accroître l'efficacité" de l'état d'urgence, dans les limites de "l'état de droit".

L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy avait jugé vendredi "indispensable" de prolonger cet état d'urgence. Mais comme d'autres responsables de droite, il a depuis reproché à l'exécutif de ne pas avoir fait tout le nécessaire pour protéger les Français.

A neuf mois de l'élection présidentielle, le président de la République François Hollande a répliqué lundi à la droite en invoquant une "obligation de dignité et de vérité" pour "ceux qui ont une parole publique".

Le Sénat, à majorité de droite et où le débat aura lieu mercredi, pourrait jouer les prolongations des débats parlementaires s'il adopte un texte différent de celui de l'Assemblée.

S'agissant du tueur au camion, les photos retrouvées dans son téléphone et les images de vidéosurveillance ont prouvé sa détermination. Le Tunisien de 31 ans avait prémédité son acte, effectuant des repérages sur la Promenade des Anglais dans les jours précédant la tuerie.

L'exploitation de son ordinateur et des nombreux SMS envoyés à partir de son portable se poursuit.

Six personnes étaient toujours en garde à vue mardi matin, soupçonnées d'avoir été en contact avec lui ou de l'avoir aidé à se procurer le pistolet 7.65 mm utilisé pour tirer sur des policiers.

Avec AFP

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