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Chine: le Parti exclura ses membres coupables d'"activités superstitieuses"


Photo de l'ancien Premier ministre chinois Zhou Enlai dans une exhibition. (Archives)

Photo de l'ancien Premier ministre chinois Zhou Enlai dans une exhibition. (Archives)

Un certain nombre de hauts dirigeants du PCC ont été accusés ces dernières années de participer à des "pratiques superstitieuses".

Le Parti communiste chinois (PCC) exclura ses membres qui se livreront à des "activités superstitieuses", un aspect de nouveaux règlements disciplinaires en vigueur depuis le début de l'année, ont annoncé les médias d'Etat.

Le président chinois Xi Jinping, également secrétaire général du PCC, a appelé ces derniers mois à renforcer le contrôle idéologique sur ses 88 millions de membres, parallèlement à une médiatique campagne anticorruption qui a fait tomber de nombreux cadres communistes depuis trois ans.

Ces "superstitions féodales" visent entre autres le recours à la divination ou au feng-shui, une pratique traditionnelle dont les principes sont notamment utilisés pour aménager son logement et prendre des décisions afin de maximiser sa chance et sa fortune.

"Pour un fonctionnaire, ne plus croire au marxisme-léninisme mais au feng-shui reflète son manque de foi et ses problèmes de valeurs", estime Zhuang Deshui, le vice-directeur du Centre de recherche sur l'intégrité gouvernementale à l'Université de Pékin, cité par l'agence Chine nouvelle dans un article publié dimanche soir.

Un certain nombre de hauts dirigeants du PCC ont été accusés ces dernières années de participer à des "pratiques superstitieuses".

Zhou Yongkang, l'ex-grand patron de la sécurité chinoise et plus haut dirigeant tombé en disgrâce pour corruption, avait sollicité les conseils de Cao Yongzheng, voyant et maître de qigong --une forme de gymnastique traditionnelle. M. Cao avait ensuite témoigné contre M. Zhou lors de son procès.

Les nouveaux règlements du Parti, en vigueur depuis le 1er janvier, menacent d'exclusion ses membres qui "organisent" des activités superstitieuses, alors que ceux qui se contentent d'y "participer" sont passibles d'avertissements, selon Chine nouvelle.

La rhétorique utilisée est plus menaçante que lors d'une précédente version du règlement, datant de 2003, où les "superstitions féodales" étaient incluses dans un intitulé plus général d'activités "perturbant la productivité, le travail ou l'ordre public".

Les nouvelles règles font de la pratique de ces "superstitions" une violation explicite de la discipline du Parti, qui cherche régulièrement à les éradiquer de ses rangs depuis plusieurs décennies.

Avec AFP

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