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Chicago réagit, suite à la décision de la Cour suprême sur le port d’armes


Le maire de la ville, Richard Daley, a dévoilé jeudi un nouveau projet de règlementation des armes à feu, extrèmement détaillé, sur lequel le conseil municipal sera appelé à se prononcer vendredi.

Aux États-Unis, Chicago a réagi, après la décision de la Cour suprême, qui a statué que la possession d’armes à feu à domicile est un droit fondamental. Le maire Richard Daley a dévoilé jeudi un nouveau projet de règlementation de ces armes, sur lequel le conseil municipal sera appelé à se prononcer vendredi.

Par cinq voix contre quatre, la Cour suprême a tranché lundi, statuant contre la ville de Chicago dans l’Illinois, et sa banlieue d’Oak Park, qui avaient interdit l’accès aux armes à feu à pratiquement tous leurs habitants. Les neuf sages ont dit que les restrictions des gouvernements des États ou des autorités locales à la possession d’armes à feu doivent être limitées, pour rester conformes au deuxième amendement à la Constitution. Cet amendement datant du XVIIIe siècle affirme notamment : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

Le principal plaignant dans l’affaire était un certain Otis McDonald, qui avait saisi la justice après avoir été victime d’un cambriolage commis par des malfrats qui l’avaient menacé à plusieurs reprises. Réagissant au verdict, M. McDonald a commenté : « Au moins, on sera à égalité. Je n’aurais plus à craindre que ces jeunes trafiquants et membres de gangs envahissent ma maison, parce que je crois que maintenant, ils réfléchiront à deux reprises ».
Déjà en 2008, la Cour suprême avait cassé une loi interdisant les armes dans l’enclave fédérale de Washington D.C., la capitale. Ce nouvel arrêt de la Cour suprême prive les villes du droit de légiférer sur le port des armes comme elles l’entendaient.

Paul Helmke, président du Centre Brady pour la prévention de la violence par les armes à feu, un groupe qui milite contre ces armes, s’attend maintenant à ce que des criminels reconnus coupables de port d’armes illicites utilisent la décision de la Cour suprême pour réclamer de nouveaux procès. Il tente néanmoins de rester optimiste.
« Même si nous allons voir beaucoup plus de procès, je reste très confiant que les tribunaux confirmeront la plupart de ces lois sur les armes à feu » a dit M. Helmke.

La Cour suprême a renvoyé le cas au tribunal de moindre instance de Chicago, qui devra prendre la décision finale. Donc pour l’instant, l’interdiction du port d’armes dans cette ville continue. Le maire Richard Daley a donc présenté ce matin la nouvelle règlementation municipale sur le port d’armes qui tient compte du deuxièmement amendement à la Constitution.

Lors d’une conférence de presse, M. Daley a précisé que le projet comprend, entre autre, un moratoire sur les points de vente d’armes à feu à Chicago. Il interdit le port d’armes dans pratiquement toute la ville, à l’exception du domicile des propriétaires. En d’autres mots, si un habitant de Chicago pourra porter son révolver dans sa cuisine, sa chambre ou son salon, pas question de l’emmener au garage, au jardin ou sur la terrasse de son habitation.

Par ailleurs, toute personne reconnue coupable d’un crime violent ou condamnée à deux reprises pour conduite en état d’ivresse, se verra interdire de posséder une arme à feu.

Le conseil municipal de Chicago doit voter la mesure vendredi.

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