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Chef militaire de l'ex-rébellion tué au Mali: le gouvernement déplore une "mort accidentelle"


Des rebelles touareg, dans le Nord-Mali, en février 2012.

Des rebelles touareg, dans le Nord-Mali, en février 2012.

Le gouvernement malien a exprimé sa "tristesse" après la mort "accidentelle" dans une explosion du chef militaire de l'ex-rébellion à Kidal (nord-est), tandis qu'un groupe armé pro-gouvernemental ironisait sur les hommages au défunt.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) a dénoncé dimanche un "assassinat odieux incontestablement prémédité", affirmant que l'explosif avait été placé sur le véhicule de Cheikh Ag Aoussa pendant qu'il assistait samedi à une réunion au camp de la Mission de l'ONU (Minusma) à Kidal.

Dans un communiqué diffusé dans la nuit de dimanche à lundi, le gouvernement dit avoir "appris avec tristesse la mort accidentelle" d'Ag Aoussa, "un des leaders des mouvements signataires de l'Accord" de paix au Mali, ajoutant que son véhicule "aurait sauté sur un engin explosif improvisé".

Le Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, progouvernemental), que des combats meurtriers pour le contrôle de Kidal ont opposé en juillet, août et septembre à la CMA, n'a pas présenté officiellement de condoléances, mais son secrétaire général, Fahad Ag Almahmoud, a ironisé sur les hommages à Ag Aoussa, considéré comme un "faucon" de l'ex-rébellion.

"Il fut un criminel sympa", a notamment écrit Fahad Ag Almahmoud sur son compte twitter lundi.

La plupart des commentaires sur la page Facebook du gouvernement où a été publié le communiqué de condoléances exprimaient l'incompréhension ou l'indignation de l'éloge funèbre rendu à cet ancien adversaire acharné de l'armée malienne.

Dans une tentative de désamorcer les tensions et de prévenir une reprise des hostilités entre groupes armés signataires de l'accord de paix, la Minusma a appelé dimanche "à une action rapide pour que les auteurs de cette attaque soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice".

Elle a exhorté à "éviter les spéculations et les allégations infondées, et à agir avec retenue et responsabilité", soulignant la difficulté à ce stade de déterminer la nature de l'explosif et s'il avait été placé à bord du véhicule ou sur la route.

Cheikh Ag Aoussa était le numéro deux du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), formé en grande partie d'anciens membres du groupe jihadiste Ansar Dine, dirigé par une personnalité très influente de sa tribu des Touareg Ifoghas, Iyad Ag Ghaly.

Ancien bras droit du chef d'Ansar Dine en 2012, Cheikh Ag Aoussa l'a quitté juste après l'intervention lancée en janvier en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les jihadistes qui contrôlaient le nord du Mali. Il a ensuite rejoint le HCUA.

Avec AFP

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