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Le chef de l'ex-junte Amadou Sanogo "prêt" pour son procès au Mali


Le chef de l'ex-junte Amadou Sanogo tient une conférence de presse, le 15 août 2012.

Le chef de l'ex-junte Amadou Sanogo tient une conférence de presse, le 15 août 2012.

Le chef de l'ex-junte malienne Amadou Sanogo, qui doit être jugé à partir de mercredi pour "assassinat et complicité" d'assassinat de militaires dans une ville du sud du Mali, est "prêt" pour son procès malgré les "violations de la loi".

"Il s'agit de l'enlèvement de militaires et après une enquête, les corps ont été découverts dans un charnier, ce qui veut dire qu'ils ont été abattus de sans-froid", résume le journaliste malien Sikasso Boukary Daou.

Depuis le début de l’instruction du dossier, les avocat de Amadou Haya Sanogo ont dénoncé la procédure. À la veille du procès, ils sont demandé un report, en vain, explique Maître Tiessolo Konaré, avocat de la défense.

"Nous allons nous battre et défendre le dossier", explique l'avocat de la défense, "il faudra voir devant la Cour car des lois ont été violées".

Les Bamakois veulent un procès exemplaire qui ne sera pas un "jugement politique" explique l'homme politique Nouhoum Togo.

"Nous voulons une justice pour le peuple malien, car nous ne pouvons pas vivre dans un pays où l'on peut égorger et pendre les gens et les montrer à la télévision, ou enlever des gens qui n'ont rien fait", rappelle-t-il.

Aucune retransmission n'est prévu sur les radios privés ou les chaînes de télévision.

Le chef de l'ex-junte malienne doit être jugé en assises à partir de mercredi à Sikasso, une ville dans le sud du Mali, pour "assassinat et complicité" d'assassinat de militaires dont les corps ont été retrouvés dans un charnier en 2013. Il encourt la peine de mort.

La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Bamako a annoncé en décembre 2015 le renvoi aux assises de 18 militaires, dont le général Sanogo, ainsi que les généraux Yamoussa Camara, ancien ministre de la Défense, et Dahirou Dembélé, ex-chef d'état-major des armées, dans l'affaire dite des "Bérets rouges".

Opposés au putsch de mars 2012 conduit par Amadou Sanogo, alors obscur capitaine de l'armée, qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-coup d'Etat un mois plus tard avant d'être pourchassés par les putschistes.

Les corps d'une vingtaine de militaires appartenant à cette unité parachutiste avaient été retrouvés en décembre 2013 dans un charnier à Diago, près de Kati, qui fut le quartier général de Sanogo et de ses hommes.

Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat, Sanogo et ses hommes ont été accusés de nombreuses violences à l'encontre de "Bérets rouges" ainsi que d'hommes politiques, de journalistes et de membres de la société civile.

Promu général, l'officier est ensuite tombé en disgrâce au terme d'une transition qui s'est achevée en août 2013 par l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Kassim Traoré, correspondant à Bamako

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