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RDC : audience du procès Chebeya repoussée après le sommet de la Francophonie


Le défunt militant de la Voix des Sans Voix, Floribert Chebeya

Le défunt militant de la Voix des Sans Voix, Floribert Chebeya

Une audience du procès en appel des policiers accusés de l'assassinat, en 2010 à Kinshasa, de Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidel Bazana a été reportée après le sommet de la Francophonie auquel doit participer le mois prochain le président français François Hollande.

L'audience de ce mardi "est reportée au 23 octobre prochain.

"Ce sont des manoeuvres dilatoires qui visent le déni de justice et la consécration de l'impunité en République démocratique du Congo", a déclaré à la Voix de l'Amerique Dolly Ibefo, directeur exécutif de la Voix des sans Voix, l'ONG qu'avait fondée Floribert Chebeya.

La Haute cour militaire devait notamment dire si elle autorisait la comparution du général John Numbi, le chef de la police suspendu de ses fonctions depuis l'affaire, et que les parties civiles considèrent comme le suspect principal.

Dolly Ibefo accuse les juges d'avoir repoussé l'audience à après le sommet de la Francophonie des 12-14 octobre.

Le président Hollande a annoncé fin août qu'il se rendrait au sommet de Kinshasa. Mais pour ne pas servir de caution au régime de Joseph Kabila, il a promis de rencontrer "l'opposition politique, les militants associatifs, la société civile. C'est le sens de la nouvelle politique africaine de la France: tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait", a-t-il assuré.

Le 9 juillet, il avait lui-même affirmé: "Les autorités de la RDC doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l'Etat de droit".

"Nous avons présenté de nouveaux éléments qui peuvent amener à la vérité mais le ministère public dit qu'on ne peut plus en ajouter d'autres. Il devrait diligenter des enquêtes supplémentaires mais il les empêche", explique Dolly Ibefo.

Floribert Chebeya, 47 ans, avait été retrouvé mort le 1er juin 2010 dans sa voiture en périphérie de Kinshasa, les poignets portant des traces de menottes, après s'être rendu la veille à un rendez-vous à l'inspection général de la police, accompagné par son chauffeur.

En première instance, la justice a condamné à mort le principal suspect, le colonel Daniel Mukalay, numéro 2 des services spéciaux de la police, ainsi que trois policiers jugés par contumace car en fuite. Un autre a été condamné à la prison à perpétuité et trois ont été acquittés. Tous sont rejugés depuis le 19 juin.

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