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Chasse aux employés fictifs au Cameroun


Selon le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey, il faut assainir la gestion publique en identifiant les employés fictifs

Selon le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey, il faut assainir la gestion publique en identifiant les employés fictifs

Le Cameroun s’attaque aux employés fictifs de la fonction publique qui lui coûtent, selon certaines estimations, environ 12 millions de dollars par mois.

Parmi les arnaques les plus répandues : celle qui consiste à usurper l'identité d'une personne décédée, un proche s'octroyant le salaire du disparu. Ou encore un médecin fonctionnaire travaille en clinique privée aux dépends de ses responsabilités à l’hôpital public ; un enseignant offre des cours privés, négligeant de se présenter à l’université d’Etat, etcetera.

Malheureusement, des employés légitimes semblent faire les frais de cette campagne, et se plaignent de ne plus être payés. Parmi eux, des soldats, dont Didier Manda, qui se plaint que sa solde a été réduite d’environ 500 à 380 dollars par mois.

Un autre soldat, Fopa Nestor, fustige le fait de n’avoir pas été payé. « C’est impensable » juge-t-il.

C’est en novembre 2013 que le Cameroun a décidé de sévir, le ministère des finances s’étant aperçu qu’un grand nombre d’employés avaient soumis de faux certificats de naissance pour toucher des allocations familiales. D’autres continuaient à percevoir des allocations ou salaires, même après avoir quitté la fonction publique, déménagé à l’étranger, ou avoir décédé.

Selon le ministre camerounais des finances, Alamine Ousmane Mey, les fonctionnaires dont les salaires ont été réduits, ou suspendus, pourraient avoir volé l’Etat. Ou bien, on aurait déterminé qu’ils touchaient indument de l’argent qui ne leur revenait pas. Quant aux militaires qui voient réduire ou disparaitre leur paie, ils n’ont qu’à porter plainte, a-t-il ajouté, et au besoin, des ajustements seront apportés.

La population reste partagée. Certains saluent les efforts du gouvernement pour assainir la gestion publique, d’autres ne se font pas d’illusion et pensent que rien ne changera, le pays restant très corrompu. A deux reprises, le Cameroun s’est retrouvé en dernière place de l’indice de perception de la corruption établi chaque année par l’ONG Transparency international.

A noter que le Cameroun n’est pas le seul pays africain à chercher à maitriser les effectifs de la fonction publique. Le Congo Brazzaville a pu économiser des dizaines de millions de dollars en mettant à jour la liste des effectifs de l’armée.
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