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Charlie Hebdo, dernier à susciter le courroux des islamistes


Le Jyllands Posten à Copenhague (AP)

Le Jyllands Posten à Copenhague (AP)

La controverse dure depuis la publication, il y a une décennie, par le journal danois Jyllands-Posten, de 12 caricatures représentant Mahomet, qui ont été réimprimées à travers le monde.

L’attaque meurtrière de mercredi à Paris contre les bureaux de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo est la dernière en date d'une série d'agressions contre des publications occidentales qui ont osé diffuser des dessins satiriques du prophète Mahomet.

La controverse a éclaté il y a une décennie, lorsque que le journal danois Jyllands-Posten a publié 12 caricatures représentant Mahomet, qui ont été réimprimées à travers le monde. Quelques mois plus tard, des habitants de pays musulmans prenant connaissance de l’existence de ces caricatures, des manifestations violentes ont éclaté, qui ont fait plus de 200 morts.

Charlie Hebdo, et son directeur Stéphane Charbonnier, assassiné mercredi, semblaient toujours prêts à dépasser les bornes de la liberté d'expression. Les dessins satiriques du prophète Mahomet, ou sur l’Islam, diffusés par l'hebdomadaire, suscitaient la colère de nombreux musulmans.

Charlie Hebdo avait non seulement republié les caricatures danoises, mais sorti par la suite un numéro spécial intitulé, « Charia Hebdo », Mahomet y figurant au titre de rédacteur en chef. A noter que Charlie Hebdo ne ménageait aucunement l'Église catholique romaine, en particulier en ce qui concerne le scandale des sévices sexuels commis par des prêtres sur des enfants. Sans parler de la classe politique, copieusement écorchée.

Des groupes musulmans avaient accusé Charlie Hebdo de racisme après la publication de « Charia Hebdo » et un cocktail Molotov avait été lancé contre les locaux du journal en 2011, à la suite de l’annonce du numéro spécial. Le journal s'était défendu, disant que, conformément au droit français, il ne faisait qu’exercer la liberté d’expression, la loi garantissant la séparation de l'Église et de l'État, et accordant le droit de critiquer la religion.

Dans une interview il y a trois ans, M. Charbonnier avait fait valoir que personne ne protestait quand le journal ridiculisait des catholiques conservateurs, mais qu'il se voyait ciblé dès qu’il proposait une satire sur les musulmans. « C’est la nouvelle règle ... mais on ne va pas s’y plier », avait-il déclaré.

Avant l'attaque de mercredi, l'hebdomadaire avait publié sur un profil Twitter une caricature d'Abou Bakr al-Baghdadi, « leader du prétendu Etat islamique ».

Le caricaturiste suédois Lars Vilks a dû être placé sous protection policière après avoir dessiné des caricatures du prophète Mahomet en 2007. En 2010, il a été attaqué par des manifestants après avoir représenté le prophète comme entrant dans un bar pour homosexuels. M. Vilks a révélé qu’il a piégé sa maison,et dort avec une hache à côté de son lit.

L’attentat de mercredi « suscitera la peur chez le peuple, à un niveau bien différent de celui auquel nous sommes habitués. Charlie Hebdo était une petite oasis. Peu osaient faire ce qu’ils faisaient. Je ne sais pas ce qui leur arrivera. Pourront-ils continuer à publier le magazine? » s’est interrogé M. Vilks, qui est cité par l’Associated Press (AP).

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