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Le Fodem de Charles Massi condamne les attaques de la « CPJP Fondamentale » en Centrafrique


Bangui a toujours associé le Fodem aux rebelles de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix, dont Massi était le fondateur

Centrafrique : « toute action violente conduisant à la mort de civils est à condamner de la manière la plus ferme qui soit », a dit à la VOA Saturnin Ndomby, le président du Fodem, le Forum démocratique pour la Modernité, suite à l’attaque de samedi dernier, des villes de Damara et Sibut au nord de Bangui par la CPJP dite Fondamentale, une faction dissidente de la CPJP entrée dans le processus de paix récemment.

Bangui a toujours associé le Fodem aux rebelles de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix, étant donné que Charles Massi, l’ancien dirigeant politique du Forum, était le fondateur de la CPJP. Les attaques du 15 septembre dernier ont en effet remis l’affaire Charles Massi sur le devant de la scène, cette faction rebelle ayant déclaré vouloir que toute la lumière soit faite sur sa disparition, jamais élucidée jusqu’ici.

Le fondateur de la CPJP, après avoir été ministre sous les présidents Ange-Felix Patassé et François Bozizé, a pris les armes en 2008. Sa famille dit qu'il a été arrêté en 2009 au Tchad, puis emprisonné notamment pour « tentative de déstabilisation d'un pays voisin », et remis par N’Djamena à Bangui. Selon elle, il serait mort des suites de tortures à Bossembélé, à environ 150 km au nord-ouest de Bangui. Ces allégations ont été démenties par le gouvernement centrafricain. Depuis lors, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer une enquête internationale afin de faire la lumière sur la disparition de Charles Massi. Une instruction a été ouverte à Paris, mais selon certains observateurs, il y a peu de chances qu’elle déstabilise le gouvernement du président Francois Bozizé, celui-ci bénéficiant de l’immunité.

Tout en rappelant que le Fodem était toujours déterminé à ce que justice soit faite concernant son ex-leader, le dirigeant intérimaire du parti a confié au service francophone de la VOA que cette violence risquait « d’entacher la mémoire de Charles Massi ». « C’est cependant une forme de revendication que l’on peut comprendre », a-t-il souligné, précisant qu’il n’était « pas de son ressort de juger qui se doit de se reconnaitre de Charles Massi », et que cet acte malheureux avait tout de même rappelé sa disparition, et interpellé Bangui dans la mesure où il s’est produit tout près de la capitale centrafricaine. Le gouvernement doit « rechercher des solutions pour la concorde nationale », et « identifier tous les acteurs » dans le cadre du processus de paix, a ajouté le président du Fodem, tout en voulant se démarquer des rebelles.

De son côté, le dirigeant de la CPJP, Abdoulaye Hissène, qui a signé le 25 août l'accord global de paix de Libreville et intégré le processus de paix, a dit à la VOA récemment que la CPJP dite Fondamentale utilisait l’affaire Charles Massi comme simple prétexte de violence armée.

Quant au fils de Monsieur Massi, Eric Neris-Massi, secrétaire général du Fodem, le Forum démocratique pour la Modernité, il a dit à Nathalie Barge qu’il ne cautionnait pas ces attaques, mais restait plus que jamais mobilisé pour que justice soit faite sur la mort présumée de son père.

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