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Centrafrique: campagne électorale jusqu’à lundi minuit


Anicet George Dologuele, presidential candidate in Central African Republic, 26 december 2015 (Photo VOA/Tatiana Mossot)

Anicet George Dologuele, presidential candidate in Central African Republic, 26 december 2015 (Photo VOA/Tatiana Mossot)

Alors que la présidentielle est reportée au 30 décembre, les candidats continuent les opérations de charme. L’envoyée spéciale de VOA Afrique Tatiana Mossot a tendu son micro à Anicet George Dologuele de l'URCA, soutenu par l'ex président François Bozizé.

VOA Afrique

Qu’est ce qui peut être fait durant ces trois prochains jours de campagne qui n’a pas déjà été fait?

Anicet Georges GOLOGUELE

Là ils ont une forte pression sur la tête. Disons une date buttoir fixée par les chefs d’Etats de la CEAC, date buttoir pour l’organisation du premier tour qui est fixée au 31 décembre 2015.

VOA Afrique

Est-ce que finalement le 30 sera la date définitive pour aller aux urnes?

Anicet Georges GOLOGUELE

Et bien je l’espère parce que sinon ça poserait d’autres problèmes. Mais nous espérons surtout que ces trois jours supplémentaires seront mis à profit pour régler les disfonctionnements qui ont été constatés par tout le monde.

VOA Afrique

Quel est le message que vous adressez aux centrafricains aujourd’hui?

Anicet Georges GOLOGUELE

J’ai constaté un pays en ruine, et c’est une ruine à ciel ouvert. J’ai constaté une population perdue, mais pleine d’espoir. J’ai l’impression que pour la population, cette élection est le départ de tout. Et donc le message que nous leur avons apporté, c’est de dire qu’il y a un avenir pour ce pays, qu’il y a un avenir pour notre jeunesse et que nous sommes là pour leur parler de la reconstruction du pays donc d’un avenir du pays.

VOA Afrique

Comment est-ce que vous allez réconcilier les centrafricains? Est-ce que le soutien de François Bozizé suffit?

Anicet Georges GOLOGUELE

Surtout le soutien de François Bozizé, mais surtout le soutien du parti Kwa na Kwa est très important. Le président Bozizé a soutenu l’initiative de son parti. Parce qu’au-delà d’être un ancien chef d’état, il est président d’un parti politique et c’est en tant que président du parti politique que le bureau politique de Kwa na Kwa lui a soumis le «draft» de l’accord pour qu’il puisse donner son objection ou sa non objection. Nous avons eu de la chance, il n’a pas eu d’objection, il n’a pas eu de revendication personnelle. Il a réagi en tant que chef de parti.

Il ne faut pas oublier que le Kwa na Kwa est et reste encore le parti qui a le plus gros réservoir d’électeurs en République Centrafricaine. Et ces électeurs ne sont ni des Anti-Balaka ni des Seleka, ce sont des centrafricains victimes comme moi et comme les autres de la violence des Anti-Balaka et des Seleka. Les électeurs du Kwa na Kwa sont repartis sur tout le territoire national et l’homme politique que je suis, le chef de parti politique que je suis, est intéressé par le vote des électeurs centrafricains. Et ce qui m’intéressait dans cet accord, c’est d’avoir une voix commune, des consignes données pour que tous les électeurs de Kwa na Kwa se mettent derrière moi. Cet accord a été un peu trop simplifié comme étant un accord entre Bozizé et Dologuele, non. C’est un accord entre l’URCA, parti politique qui a un candidat aux élections présidentielles, et le Kwa na Kwa, parti politique qui a largement, très largement gagné les dernières élections, donc tout ce réservoir de voix qui est un peu perdu, nous avons souhaité les récupérer.

VOA Afrique

Imaginons que vous soyez élu à la tête du pays. Quel sera votre premier acte?

Anicet Georges DOLOGUELE

Le premier acte, c’est de mettre en place un bon gouvernement. Un bon gouvernement dans le contexte actuel du pays, c’est quoi? C’est un gouvernement formé d’hommes et de femmes qui savent faire, qui ont l’expérience et la connaissance nécessaire pour s’attaquer à ce vaste chantier qu’est la République Centrafricaine. C’est un gouvernement qui tiendra très peu compte des appartenances politiques. Cela veut dire quoi? Cela veut dire que l’URCA dont je suis chef, les partis politiques qui sont associés à l’URCA dont le Kwa na Kwa, ne seront pas exclusifs dans le gouvernement. Nous prendrons des centrafricains de la diaspora, de la société civile, d’autres partis politiques, à la seule condition qu’ils apportent quelque chose de concret à la reconstruction politique de ce pays. Parce que ce qu’il manque le plus à la République centrafricaine, ce sont les hommes de qualité.

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