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Regain de violences en Centrafrique en vue des élections


Combattants Sélékas à Bambari , République centrafricaine, le 31 mai 2014.

Combattants Sélékas à Bambari , République centrafricaine, le 31 mai 2014.

Une attaque contre un camp de personnes déplacées près de Bambari, a fait 13 morts jeudi soir dont huit parmi les résidents du camp, a annoncé l'ONU. Dans le même temps, le numéro 2 de l'ex-rébellion prévient que les élections n'auront pas lieu dans sa région.

La mission de l'ONU en RCA (Minusca) est intervenue à la suite de cette attaque menée à Ngakobo par des éléments de l'ex-rebellion Séléka.

Outre les huit réfugiés tués, cinq assaillants ont été tués et deux autres blessés.

Un Casque bleu, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été "légèrement blessé", a indiqué le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq.

Il a noté que plusieurs incidents s'étaient produits dans la région de Bambari depuis deux jours, impliquant des groupes Séléka et des anti-Balaka qui ont fait monter la tension dans cette zone.

La Séléka est une ex-rébellion majoritairement musulmane tandis que les anti-Balaka sont majoritairement chrétiens.

Les deux groupes s'affrontent depuis que le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka a plongé la RCA dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries entre communautés musulmanes et chrétiennes.

Toujours selon l'ONU, des miliciens anti-Balaka ont attaqué jeudi un "convoi commercial" entre Bangui et Bambari, endommageant et pillant un des camions.

La Minusca est intervenue pour mettre en fuite les agresseurs et a "appréhendé leur chef présumé", a indiqué le porte-parole.

Pression sur les élections

Le numéro 2 de l'ancienne rébellion centrafricaine Séléka, Nourredine Adam, qui dirige une faction armée active dans le nord et l'est, a déclaré vendredi sur une radio locale qu'il ne laisserait pas les élections prévues en décembre se tenir dans ses régions.

"De Sibut à Birao, de Sibut à Sido, il n'y a pas d'hôpitaux, il n'y a pas d'écoles, ni de routes. C'est ce qui nous a poussé à prendre les armes", a affirmé en langue nationale sango le chef du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) sur les ondes de la radio privée Ndeke Luka.

"Si on nous envoie des médecins et des enseignants pour soigner et instruire nos familles, ils sont les bienvenus. Mais d'autres fonctionnaires, nous ne les acceptons pas. Le processus électoral dans le contexte actuel n'est pas possible" a-t-il asséné.

Un référendum constitutionnel est prévu le 13 décembre et des élections présidentielle et législatives le 27 décembre.

Pour le chef de guerre, "nous sommes tous fils de ce pays. Si un problème nous oppose, nous avons intérêt à dialoguer afin de faire avancer le pays". Toutefois, "s'il faut se fier à des personnalités pour des intérêts égoïstes et abandonner le peuple dans la souffrance, nous ne l'acceptons pas".

Une source proche du dossier a confirmé à l'AFP que "les élections risquent d'être difficiles à tenir dans la région de Kaga Bandoro", où est basé Nourredine Adam depuis la fin septembre, après un long exil, avec "environ 500 à 700 combattants" sous ses ordres.

La Séléka, rébellion majoritairement musulmane venue du nord dirigée par Michel Djotodia avait renversé en mars 2013 le président François Bozizé, avant d'être chassée du pouvoir par une intervention militaire française et internationale début 2014.

Accusé de nombreuses exactions, ce mouvement a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960. En réaction, des milices majoritairement chrétiennes et animistes anti-balaka se sont créées, commettant à leur tour des attaques contre les civils musulmans et ouvrant la voie à des tueries de masse intercommunautaires.

La Séléka a depuis lors éclaté en de multiples factions contrôlant des territoire dans le nord et l'est du pays, et dont le FPRC est aujourd'hui l'une des franges les plus radicales, refusant de reconnaitre les autorités de transition mises en place après la chute de Djotodia, et dirigées par la présidente Catherine Samba Panza.

Avec AFP

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