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Centrafrique : attente des résultats du second tour de la présidentielle


Des urnes rangées à l’entrepôt central de la commission électorale après le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 14 février 2016, pour départager deux anciens premiers ministres, Faustin Touadéra et Anicet Georges Dologuélé, à Bangui, en Rép

Des urnes rangées à l’entrepôt central de la commission électorale après le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 14 février 2016, pour départager deux anciens premiers ministres, Faustin Touadéra et Anicet Georges Dologuélé, à Bangui, en Rép

Les Centrafricains attendaient lundi des résultats du second tour de la présidentielle tenue la veille pour connaître le nom de leur nouveau président, dont l'élection doit tourner la page de trois années de violences et d'une transition chaotique.

Le duel s'annonçait serré entre Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, deux anciens Premiers ministres âgés de 58 ans et arrivés en tête du premier tour du 30 décembre.

Quelque deux millions d'électeurs étaient appelés à participer à ce scrutin, couplé au premier tour des législatives, organisé une nouvelle fois après son annulation en janvier en raison de trop nombreuses irrégularités.

Le retour de la sécurité et la relance de l'économie seront les priorités du vainqueur pour relever le pays, l'un des plus pauvres du monde, ravagé par des années de troubles.

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka de Michel Djotodia avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

Quelques 10.000 hommes de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) appuyés par la force militaire française Sangaris, ont depuis lors été déployés pour stabiliser le pays.

'Moins d'erreurs'

Le dépouillement des bulletins a commencé dimanche soir après une journée de vote dans le calme, et s'est prolongé parfois tard dans la nuit, certains bureaux ayant terminé leurs décomptes vers 03H00 lundi, à lumière des lampes électriques.

Les urnes et procès-verbaux doivent ensuite être acheminés à Bangui depuis les quatre coins du pays pour être vérifiés par l'Autorité nationale des élections (ANE), qui doit annoncer les résultats officiels dans les prochains jours.

Le Centre de traitement des données de Bangui était lundi sous la protection des Casques bleus, a constaté l'AFP. Un blindé était positionné et des chicanes en ciment installées devant le bâtiment pour éviter d'éventuels rassemblements d'électeurs mécontents.

Le chef de la délégation d'observateurs déployée par l'Union africaine, Ousmane Ndéné Ndiaye, a estimé dimanche soir que "du point de vue l'organisation, le pari a été gagné".

"Il y a eu moins d'erreurs" qu'au premier tour, notamment dans "la disposition du matériel électoral", a-t-il déclaré à la télévision nationale.

Dans l'ensemble, les opérations ont eu lieu sans incident sécuritaire et dans le calme, comme à Obo (nord-est) ou Berberati (ouest), où les électeurs se sont présentés au compte-gouttes toute la journée.

Des tensions ont toutefois perturbé le vote dans certains bureaux où des électeurs avaient été refoulés car leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales ou ils ne disposaient pas de cartes d'identité, les deux sésames pour pourvoir voter.

"C'est l'élection de la prise de conscience. Pour la première fois, on fait un vrai choix pour tourner le dos à la guerre", avait affirmé un électeur, Paterne, qui votait à Bangui.

Faible mobilisation

Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants, chrétiens comme musulmans, s'étaient massivement inscrits sur les listes électorales.

Mais dans la capitale comme en province, l'affluence a été beaucoup moins importante qu'au premier tour (79%), selon plusieurs observateurs, soulignant qu'elle devrait toutefois dépasser les 50%.

Principale explication avancée: les électeurs dont le candidat a été éliminé au premier tour ne se sont pas déplacés pour apporter leur voix à l'un des deux finalistes.

Alors qu'aucun chiffre n'a été avancé par l'ANE, l'entourage de Faustin Archange Touadéra s'est dit "satisfait et confiant".

Selon son directeur de communication, Charles Lemasset, M. Touadéra arrive "largement en tête" dans la plupart des arrondissements de Bangui et dans plusieurs préfectures de province.

Son rival, Anicet Georges Dologuélé, n'était pas joignable lundi matin. Il était arrivé en tête du premier tour (23,78%), bénéficiant en partie du ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

Le score de M. Touadéra (19,42%) avait été la grande surprise du 30 décembre. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il avait attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti.

Avec AFP

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