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85 morts dans les affrontements à Bria en Centrafrique


Des personnes blessées attendent d’être amenée à l’hôpital à Bangui, RCA, le 8 décembre 2013.

Des personnes blessées attendent d’être amenée à l’hôpital à Bangui, RCA, le 8 décembre 2013.

Les derniers affrontements entre groupes armés ex-Séléka en Centrafrique ont fait 85 morts, selon le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, qui dénonce des "violences ciblées" à l'encontre des Peuls.

"Depuis le 21 novembre, quelque 85 civils ont été tués, 76 blessés et près de 11.000 personnes ont été déplacées de leur ville de Bria", à 400 km au nord-est de Bangui, a écrit Adama Dieng, dans un communiqué datant du 25 novembre transmis lundi à l'AFP.

Le bilan définitif reste à établir et des estimations vont du simple au double, a indiqué à l'AFP la présidence centrafricaine.

Ces affrontements ont opposé deux factions armées de l'ex-Séléka qui prétend défendre la minorité musulmane, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam et l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darass, réputé proche des bergers peuls nomades.

"Le FPRC aurait ciblé les Peuls à Bria, par des recherches maisons par maison, tuant, pillant et enlevant des habitants. Le FPRC a aussi occupé des bâtiments abritant des hôpitaux, empêchant des Peuls blessés de recevoir des traitements médicaux", a poursuivi M. Dieng, mentionnant l'intervention des Casques bleus et la visite sur place du chef de la Mission des Nations unies (Minusca), Parfait Onanga, le 24 novembre.

"Etant donné l'histoire récente du pays, ce type de violence ciblée est extrêmement dangereuse et doit être arrêtée", a ajouté le conseiller spécial.

La Centrafrique (4,5 millions d'habitants) peinent à se relever d'une guerre civile déclenchée par le renversement en mars 2013 de l'ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka demandant plus de justice sociale pour les 20% de musulmans.

Leur prise de pouvoir a entraîné une contre-offensive des milices anti-Balaka majoritairement chrétiennes. Bilan: des milliers de morts, quelque 800.000 déplacés internes ou réfugiés au Tchad, au Cameroun et en RDC, un Etat, une administration, des forces armées et une économie en ruine.

L'intervention militaire française Sangaris, qui a pris fin en octobre, puis la Mission des Nations unies (Minusca, 12.500 hommes) ont permis la fin des tueries massives et l'élection en début d'année dans le calme d'un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra.

Des groupes armés et des poches de violences subsistent cependant dans ce grand pays (623.000 km/2).

Avec AFP

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