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Cellou Dalein Diallo à la VOA : "Il n'y aura pas de présidentielle si les élections communales ne sont pas organisées avant"


Cellou Dalein Diallo

Cellou Dalein Diallo

Dans une interview à la Voix de l’Amérique, le président de l’UFDG a fait cet avertissement alors que le calendrier électoral n'est toujours pas connu en Guinée. En tournée aux Etats-Unis, l’ancien Premier ministre réaffirme que le réflexe tribaliste demeure un danger dans son pays.

Etes-vous satisfait de la gestion par le gouvernement de l’épidémie d’Ebola en Guinée ?

Cellou Dalein Diallo : "Non, je ne suis pas entièrement satisfait. Personne ne s’attendait à l’apparition du virus Ebola. Tout le monde a été surpris. On aurait pu avoir une réaction plus judicieuse pour lutter contre la propagation de la maladie. Il y a eu du retard dans l’information des Guinéens. On avait peur. Peut-être que nous aurions pu limiter les dégâts. Je veux néanmoins rendre hommage aux agents de santé qui se sont battus dans un contexte difficile."

Vous effectuez une tournée aux Etats-Unis et le vice-président de l’UFDG, Bah Oury, n’a pas pu vous accompagner. Vous êtes deux hommes aux personnalités différentes. La réconciliation est-elle vraiment totale entre vous deux ?

Cellou Dalein Diallo : "Les relations ont été difficiles mais nous nous sommes retrouvés à Dakar. Nous avons décidés de tourner la page. Bien sûr, cela ne s’efface pas d’un trait mais nous avons la volonté. Son absence n’est pas liée à une difficulté relationnelle. Nous travaillons ensemble comme nous l’avons fait, pendant quatre ans, avant son exil."

Votre discours enflammé de Chicago, en poular, suscite bien des réactions. Vous vous êtes notamment prévalu du soutien des Soussous de la Basse-Guinée. Vous regrettez ces propos ?

Cellou Dalein Diallo : "Non, pas du tout. Je considère que c’est un objectif politique de reconquérir la Basse-Guinée, ce que je suis en train de faire avec succès. C’est important que ces populations réalisent enfin que l’UFDG est une alternative crédible au régime d’Alpha Condé. Cela va aider dans le combat que nous menons contre la fraude que M.Alpha Condé a envie d’organiser à l’occasion des prochaines échéances électorales."

Pourquoi avoir retiré la vidéo du site officiel de l’UFDG ?

Cellou Dalein Diallo : "Je ne savais pas qu’elle avait été retirée. Il y a eu une interprétation malhonnête de mes propos. J’ai parlé de combat en poular pour parler de la lutte contre la fraude en vue des prochaines élections. Pas de guerre."

Les Guinéens voteront ils pour les élections locales en 2014 ?

Cellou Dalein Diallo : "Nous allons l’exiger. Nous allons nous battre pour que ces élections communales soient organisées. Lors du dialogue de juin 2013, le gouvernement s’était engagé à le faire avant la fin du premier trimestre 2014. C’est écrit noir sur blanc."

Un report pour 2015 serait-il inacceptable ?

Cellou Dalein Diallo : "Ce qui est inacceptable c’est d’aller à l’élection présidentielle sans avoir organisé les élections communales. On souhaite vivement que ces élections soient organisées en 2014, au plus tard au premier trimestre 2015."

La Guinée approche du triste anniversaire du 28 septembre. Lors de ce massacre en 2009, vous avez été sévèrement blessé. Cinq ans après, aucun responsable n’a été condamné. Qu’en pensez-vous ?

Cellou Dalein Diallo : "Alpha Condé a une responsabilité pour les crimes commis sous son mandat. On a tué à bout portant 57 militants de l'opposition. On a tué nuitamment à Zokota. Il y a eu beaucoup d'assassinats de citoyens guinéens par les forces de l'ordre. Personne n'a été interpelé jusqu'à présent. Ce ne sont pas des dossiers hérites. On peut dire que le 28 septembre est hérite mais pas les crimes commis sous le règne d'Alpha Condé."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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