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Catherine Samba-Panza confirme pour la première fois que les élections n'auront pas lieu en février 2015


Catherine Samba-Panza, présidente de la transition en Centrafrique. Washington, 19 septembre 2014

Catherine Samba-Panza, présidente de la transition en Centrafrique. Washington, 19 septembre 2014

Dans un entretien accordé à la Voix de l’Amérique depuis Washington, la présidente de la transition centrafricaine a refusé de s'engager sur un nouveau calendrier.

Vous dîtes que la Centrafrique est redevenu un pays fréquentable. L'ambassade américaine à Bangui vient d'ailleurs de rouvrir. Quelles les zones qui vous préoccupe toujours ?

Catherine Samba-Panza : "La sécurité est revenue nettement à Bangui. Mais dans certaines localités de l'est, il reste encore beaucoup de poches d'insécurité. Avec l'arrivée des Casques bleus, nous espérons le retour de la sécurité dans ces zones mais aussi dans certaines localités de l'ouest."

Est-ce que les musulmans commencent à rentrer en Centrafrique ?

Catherine Samba-Panza : "Oui, tout doucement. Nous enregistrons des arrivées au kilomètre 5 (NDLR : quartier de Bangui) et à l'intérieur du pays aussi, les musulmans reviennent."

Est-ce la bonne solution de dialoguer avec Michel Djotodia et François Bozizé au sein du dialogue centrafricain ?

Catherine Samba-Panza : "Dialoguer peut-être pas mais ce sont des acteurs importants sur le terrain, qui ont quand même une certaine influence des troupes. Je pense qu'il est important, dans le cadre de l'ouverture politique que nous faisons, d'écouter toutes les filles et tous les fils de ce pays, y compris Michel Djotodia et François Bozizé. Ce sont des Centrafricains. Nous pensons que leurs points de vue sont importants."

Certains estiment que c'est un retour en arrière avec ceux qui sont à l'origine de cette crise. Que répondez-vous ?

Catherine Samba-Panza : "Ce n’est pas un retour en arrière. Je suis arrivée au pouvoir en voulant dialoguer et écouter tout le monde. Ils ont peut-être des suggestions à faire. Il ne faut rester fermé totalement."

L’éclatement de la Séléka en une multitude de sous-groupes n’est-il pas le principal obstacle au dialogue inter-centrafricain ?

Catherine Samba-Panza : "Nous espérions avoir des interlocuteurs identifiés au sein de la Séléka et des anti-balaka pour nous permettre d’avancer dans le dialogue politique et la réconciliation. Malheureusement, il y a des problèmes internes qui aboutissent à des luttes intestines. Nous assistons comme vous à l’éclatement de ces groupes armées, ce qui n’est pas positif."

Le gouvernement de Mahamat Kamoun est-il pleinement légitime ?

Catherine Samba-Panza : "Les gouvernements sont contestés partout dans le monde, même en France. Nous sommes en démocratie, quand une autorité prend une décision, cela ne fait jamais l'unanimité. Cela ne veut pas dire que cela est remis en cause totalement. Ce gouvernement a toute sa légitimité car il est représentatif de tous les segments de la société centrafricaine en termes communautaire, confessionnel et géographique."

Le président de l’autorité nationale des élections a estimé que le délai de février 2015 n’était pas tenable. Est-ce votre avis ?

Catherine Samba-Panza : "Comment organiser des élections quand la moitié du pays est encore dans l’insécurité ? Quand l’état civil est totalement détruit et n’est pas encore reconstitué ? Quand l’administration n’est pas encore redéployée sur le terrain ? Il s’agit là de questions importantes que l’ANE, aidée par la communauté internationale, devra se poser."

Quand estimez-vous qu'il sera alors possible de voter en Centrafrique ?

Catherine Samba-Panza : "Il ne m'appartient pas de décider des dates. L'autorité nationale des élections va faire une analyse de la situation et proposer un nouveau calendrier."

Propos receuillis par Nicolas Pinault

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