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Casques bleus accusés de violences sexuelles en Centrafrique : la RDC veut "enquêter"


Des Casques bleus à Bangui pour la visite du pape, le 30 novembre 2015. (AP Photo/Andrew Medichini)

Des Casques bleus à Bangui pour la visite du pape, le 30 novembre 2015. (AP Photo/Andrew Medichini)

"J'ai donné injonction à l'auditeur général pour envoyer trois magistrats militaires pour enquêter sur place en vue des poursuites", a déclaré le ministre de la Justice congolais jeudi.

La République démocratique du Congo a annoncé jeudi à Kinshasa vouloir "enquêter" sur les nouvelles accusations de violences sexuelles visant des Casques bleus congolais de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) "en vue de poursuites".

"J'ai donné injonction à l'auditeur général pour envoyer trois magistrats militaires pour enquêter sur place en vue des poursuites", a déclaré à l'AFP Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice congolais, en référence au procureur général du parquet militaire.

"Les formalités sont en cours pour le voyage", a-t-il ajouté.

Mardi, un porte-parole de l'ONU avait annoncé que des Casques bleus originaires de la RDC étaient accusés d'avoir agressé sexuellement quatre enfants vivant dans un camp de déplacés en République centrafricaine entre 2014 et 2015, selon un porte-parole de l'ONU.

Saisi le même jour par les Nations Unies, le gouvernement de RDC disposait de dix jours pour décider de mener sa propre enquête sur ses soldats ou en laisser la charge à cette organisation internationale.

Selon la procédure onusienne, il revient au pays dont sont originaires les Casques bleus de les sanctionner s'ils sont reconnus coupables.

En novembre cinq soldats du contingent de la RDC au sein de la Minusca avaient été accusés d'agressions sexuelles contre cinq femmes, après que trois Casques bleus congolais eurent été accusés d'avoir violé trois jeunes femmes dont une mineure.

Les enquêtes des autorités judiciaires congolaises sur ces affaires ont débouché sur des non-lieux.

A la suite des nombreux cas d'agressions sexuelles présumées signalées dans la Minusca, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait limogé son chef en août 2015 et avait nommé une commission d'experts.

Celle-ci avait conclu à de graves dysfonctionnements dans la manière dont l'ONU avait géré ces affaires.

L'ONU a décidé début janvier de se séparer de l'ensemble des Casques bleus des Forces armée de la RDC (FARDC) au sein de la Minusca en estimant que les troupes congolaises "ne [répondaient] que partiellement aux exigences de l'ONU en matière d'équipement, de contrôle du recrutement et de niveau de préparation au combat".

Le gros des troupes est rentré en janvier en RDC. Les derniers éléments doivent être rapatriés sous peu.

AFP

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