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Carton rouge pour des supporters russes, jugés ou expulsés après les rixes de Marseille


Un homme est arrêté par un policier français à Marseille, le 11 juin 2016.

Un homme est arrêté par un policier français à Marseille, le 11 juin 2016.

Vingt supporters russes, dont le sulfureux responsable ultranationaliste Alexandre Chpryguine, vont être expulsés et trois autres jugés immédiatement pour les violences de samedi à Marseille, au lendemain de tensions diplomatiques entre la France et la Russie.

Ces 23 Russes font partie du groupe de 43 supporters contrôlés mardi dans le sud-est de la France dans l'enquête sur les rixes de samedi, qui ont choqué le monde entier et assombri le début de l'Euro 2016. Les 20 derniers ont été remis en liberté.

Les vingt Russes qui vont être expulsés sont âgés de 25 à 40 ans. Aucune charge pénale n'a été retenue contre eux mais ils se trouvaient à Marseille pendant les incidents. Ils ont été placés dans un centre de rétention administrative de la ville et devraient être expulsés de France lundi prochain, pour "trouble à l'ordre public", a précisé la préfecture de région.

L'un d'entre eux attire particulièrement l'attention: Alexandre Chpryguine, président de l'Association des supporters russes et collaborateur du député Igor Lebedev, membre du parti d'extrême droite LDPR. Chpryguine a déjà été vu en compagnie du président Vladimir Poutine.

Trois de ses compagnons vont être jugés lundi en comparution immédiate pour "violences avec arme par destination", a précisé le procureur Brice Robin. Un Français doit également comparaître à leurs côtés pour le même chef d'accusation.

"Bandes violentes "

Ce trio devra aussi répondre d'un nouveau délit, créé par une loi de mars 2010 contre "les bandes violentes": avoir "participé sciemment à un groupement" en vue de préparer "des violences volontaires contre les personnes", a ajouté M. Robin. Ce délit est passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende.

Les affrontements de ce week-end à Marseille, en marge d'Angleterre-Russie (1-1), ont fait 35 blessés, majoritairement britanniques, dont un Anglais toujours dans un état critique mais stable. Aucun des hooligans russes, pourtant en première ligne lors de ces scènes de guérilla urbaine, n'avait été appréhendé sur le moment.

Mais mardi, les forces de l'ordre ont procédé au contrôle d'un car à Mandelieu-la-Napoule, à 170 km de Marseille, avec les 43 Russes à son bord. Ils s'apprêtaient à patrir pour Lille, où s'est déroulé mercredi Russie-Slovaquie (1-2).

Ces interpellations ont déclenché des tensions diplomatiques mercredi, lorsque le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé "un incident absolument inadmissible" devant la Douma (chambre basse du Parlement).

En déplacement en Allemagne, son homologue français, Jean-Marc Ayrault, a assuré mercredi que "la justice française (les) traite de la même façon" que les supporters des autres nations. Moscou a également convoqué l'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, pour protester.

Dans toute la France, 323 interpellations dont 196 gardes à vue ont eu lieu depuis le début de la compétition le 10 juin, a indiqué le ministère de l'Intérieur jeudi.

Et d'autres matches à risque se profilent, dont Angleterre-pays de Galles à Lens ce jeudi à 13 heures.

Chaud dans le Nord

Les points chauds se sont d'ailleurs concentrés dans le nord de la France ces derniers jours, où les forces de l'ordre se sont évertuées à disperser, dans la nuit de mercredi à jeudi, des groupes de supporters britanniques alcoolisés dans les rues de Lille, à une trentaine de kilomètres de Lens.

Au total, depuis mercredi matin, le bilan à Lille est de 36 interpellations et 16 hospitalisations, selon la préfecture qui avait prévu un lourd dispositif.

Plus de 3.900 agents étaient mobilisés mercredi dans le seul département du Nord dont Lille est la préfecture dont plus de 1.900 policiers de la sécurité publique, des CRS (policiers anti-émeutes) et des gendarmes.

A Lyon (centre-est) mercredi soir, les forces de l'ordre ont dû intervenir dans la fan zone pendant la retransmission du match France-Albanie depuis Marseille. Un Français et un Belge ont été légèrement blessés au couteau par des supporters albanais, qui n'ont pas pu être interpellés.

C'est l'une des premières fois depuis le début de l'Euro que la police est contrainte d'intervenir directement dans une fan zone, ces vastes espaces sécurisés réservés aux supporters dans les dix villes hôtes.

Un responsable de la police a jugé "inquiétante" l'introduction d'armes blanches sur le site, pourtant équipé de portiques de sécurité.

Jeudi soir au Stade de France, dans un autre match classé à risques par crainte de débordements, l'Allemagne championne du monde affrontera la Pologne. Et essayera de rejoindre la France, première qualifiée pour les 8e de finale après son succès 2 à 0 contre l'Albanie mercredi.

Avec AFP

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