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Cameroun : trois leaders religieux anglophones poursuivis pour avoir fermé des écoles


Photo de famille des évêques de l'église catholique romaine à l'ouverture des assises de la conférence épiscopale nationale du Cameroun, à Yaoundé, Cameroun, 23 avril 2017. (VOA/ Jules Ntap)

Trois hauts dignitaires religieux anglophones de l'église catholique parmi lesquels, l'archevêque de Bamenda, sont poursuivis en justice.

Un consortium des parents d'élèves les accuse d'avoir volontairement fermé les établissements scolaires relevant de l'ordre de l'enseignement catholique dans les villes de Bamenda et Kumbo pendant la crise anglophone.

L'affaire fait grand bruit au Cameroun.

"Procès fantôme !" tranche sans équivoque Mgr Conrelius Fontem Esua, l'archevêque de Bamenda que VOA Afrique a rencontré lors des assises nationales des évêques de l'église catholique à Yaoundé.

Mgr Fontem est appelé à comparaître dans cette affaire.

Les plaignants qui réclament 150 millions de CFA de dommages et intérêts sont, selon lui, des parents fictifs.

"Nous nous demandons pourquoi ce procès ? Qui est notre adversaire ? Et pourquoi ne pas venir à nous pour qu’on en parle avant d’arriver au tribunal? Ce sont des choses qui sont curieuses. Nous, nous sommes complètement en paix," déclare Mgr Fontem, s’interrogeant sur les véritables mobiles de ce procès.

Au plus fort des revendications des enseignants et des avocats anglophones, la Conférence épiscopale de Bamenda dirigée par Mgr Fontem avait trouvé des origines politiques à la crise.

Les plaignants se sont servis de cette position des évêques pour accuser Mgr Fontem d’incitation à la grève.

"C’est la crise politique et sociale qui est la cause de ce problème. Nous avons écrit un mémorandum pour expliquer pourquoi c’est la cause. Ils nous accusent de pointer le doigt au gouvernement. Pourtant, les gens donnent des doléances, il faut les écouter", se justifie l'archevêque de Bamenda.

L’ouverture des audiences du procès contre les trois évêques est prévue pour juin.

Le président de la Conférence nationale des évêques, Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala préconise, pour sa part, une haute approche dans cette affaire.

"Au haut niveau où nous sommes, il ne sert plus de revenir sur cette affaire. Ce qui est important à l’heure où nous sommes, c’est de chercher ce qui construit et non ce qui divise", soutient Mgr Kleda.

Un prêtre et un pasteur de l’église presbytérienne camerounaise sont également poursuivis par le consortium des parents pour incitation consécutive à l’arrêt des activités dans leurs établissements depuis novembre 2016.

Reportage d’Emmanuel Jules Ntap à Yaoundé pour VOA afrique.

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