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Cameroun : un kamikaze tue 12 fidèles dans une mosquée lors de la prière


Des soldats camerounais combattant Boko Haram, à la frontière avec le Nigeria, le 25 février 2015. (AP Photo/Edwin Kindzeka Moki)

Des soldats camerounais combattant Boko Haram, à la frontière avec le Nigeria, le 25 février 2015. (AP Photo/Edwin Kindzeka Moki)

Le kamikaze s'est infiltré et a actionné sa charge vers 5 h 30, mercredi, tuant 12 personnes dont l'imam de la mosquée de Kouyape, à la frontière avec le Nigeria où Boko Haram est actif.

Douze fidèles ont été tués, mercredi 13 janvier, dans une mosquée de l'Extrême-Nord du Cameroun lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser pendant la prière du matin. Cet énième attentat-suicide porte la marque des islamistes nigérians de Boko Haram.

L'attentat a visé la mosquée de Kouyape, un petit village de l'arrondissement de Kolofata, proche de la frontière avec le Nigeria, dans une zone où Boko Haram, qui a rallié l'organisation Etat islamique (EI) mène régulièrement des attaques, a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat une source de sécurité de la région.

Les fidèles musulmans étaient rassemblés dans la petite mosquée du village lorsqu'un kamikaze s'est infiltré et "a actionné sa charge explosive en pleine prière de 5 h 30" (4 h 30 GMT), a expliqué la source de sécurité.

"Le kamikaze priait avec d'autres fidèles" avant de se faire exploser, a-t-elle poursuivi. Selon cette source, l'imam de la mosquée attaquée fait partie des victimes.

Dans la nuit de mardi à mercredi, deux autres personnes ont trouvé la mort dans la même localité lors d'une attaque attribuée à Boko Haram, a-t-on ajouté.

Les imams et les chefs traditionnels sont souvent désignés par les islamistes comme des cibles du fait de leur hostilité au jihadisme et à la violence.

Le port du voile intégral banni

De leur côté, les autorités ont banni le port du voile intégral dans plusieurs régions du Cameroun, ce vêtement servant régulièrement à dissimuler des ceintures d'explosifs. Le Tchad voisin, lui aussi la cible de Boko Haram, a lui interdit le voile sur l'ensemble de son territoire.

Les attentats-suicides menés par Boko Haram sont en effet de plus en plus commis par des femmes, souvent très jeunes.

Après avoir laissé passer pendant des années les combattants de Boko Haram actifs dans le nord-est du Nigeria, et qui se servaient de la région comme base arrière et lieu d'approvisionnement en armes, véhicules et marchandises, le Cameroun a renforcé sa présence militaire le long de la frontière nigériane, dans le cadre de la coalition régionale militaire (Cameroun, Nigeria, Niger, Tchad, Bénin) qui combat les islamistes.

Depuis fin novembre, l'armée camerounaise mène dans plusieurs localités frontalières, des opérations "de ratissage" pour affaiblir les jihadistes nigérians qui restent très actifs entre le nord-est du Nigeria et l'extrême-nord du Cameroun.

Boko Haram affaibli

De sources concordantes, ces actions ont beaucoup affaibli les capacités du groupe islamiste qui n'est plus engagé dans des confrontations frontales avec les troupes camerounaises, mais multiplie les attaques-suicides.

Depuis juillet, plusieurs attentats attribués à Boko Haram ont ainsi visé des villes de l'extrême-nord camerounais. Plusieurs autres ont été déjoués ces dernières semaines dans la région.

Ces attaques ciblent régulièrement les marchés, particulièrement animés en Afrique et lieux de vie par excellence sur le continent.

L'insurrection de Boko Haram et sa répression ont fait au moins 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009.

Avec AFP

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