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Cameroun : des écoles restées fermées à cause de Boko Haram


Photo d’archives : La ville d’Amchide, dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, 17 juin 2014.

Photo d’archives : La ville d’Amchide, dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, 17 juin 2014.

Au Cameroun, les troubles à la frontière avec le Nigéria ont perturbé la scolarité de milliers d’écoliers dans le pays. Beaucoup d’écoles sont restées fermées à la frontière avec l’Etat nigérian de Borno, alors que c’est la reprise des classes dans le reste du Cameroun après les fêtes de fin d’année.

Certaines des écoles affectées ont été détruites par les terroristes de Boko Haram ou par l’aviation camerounaise dans ses bombardements de villages et localités occupés par les militants islamistes nigérians. Le correspondant de la VOA, Moki Edwin Kindzeka, a réalisé un reportage sur place.

Pour Mbane Wilson, un officiel du ministère de l’éducation de base, des milliers d’enseignants et d’élèves ont dû fuir, en raison de cette confrontation sanglante entre l’armée camerounaise et des éléments présumés de Boko Haram.

"C’est une situation très difficile pour élèves et enseignants, beaucoup d’écoles – surtout celles du secteur de l’éducation de base, ayant été fermées. Nous faisons face aux attaques de Boko Haram, et à la peur permanente de surprises ».

Fopa Faison a 19 ans. Il est maintenant dans une école secondaire de Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Il dit s’être enfui quand l’aviation camerounaise a détruit son ancienne école à la frontière avec le Nigéria :

"Je prie pour que les choses changent, et que nous puissions vivre en paix ici. La sécurité a été très, très difficile. Elle a été très, très difficile pour nous”.

Alain Ngapoue, l’oncle de Fopa, a de son côté fui la localité d’Ashigashia avec ses 4 enfants, quand leur école et une bonne partie de leur localité a été détruite par les tirs de roquettes de l’aviation camerounaise contre des combattants présumés de Boko Haram qui avaient occupé le secteur.

Maimounatou Farrida est, elle aussi, lycéenne à Maroua. Elle signale des classes bondées dans son école, à cause des élèves qui fuient les régions frontalières du Nigéria:

La semaine dernière, le Cameroun avait annoncé que son armée avait lancé des attaques à la roquette contre des combattants de Boko Haram, qui avaient pris d’assaut une base dans la région frontalière d’Amchide, et occupé une bonne partie de la localité d’Ashigashia et un certain nombre de villages. C’est ainsi que, selon le journaliste local Samuel Sawalda, plusieurs habitants ont commencé à fuir :

"Plusieurs écoles dans les regions frontalières du Nigéria, du Lac Tchad au secteur de Bourha dans Mayo Tsanaga, ont été fermées. Les gens continuent de fuir pour se réfugier dans l’arrière-pays. Et les familles qui peuvent se le permettre ont envoyé leurs enfants dans des endroits où prévaut une plus grande sécurité».

Le Nigéria et le Cameroun signalent que des milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers déplacées depuis le début, il y a 5 ans, du soulèvement armé de Boko Haram pour créer un Etat islamique dans le nord du Nigéria.

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