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Cameroun anglophone : procès pour "terrorisme" devant le tribunal militaire


Des manifestants opposés au gouvernement barricadent une route à Bamenda, Cameroun, 8 décembre 2016.

Une trentaine de personnes, poursuivies notamment pour "terrorisme" pour leur implication présumée dans la contestation menée par la minorité anglophone du Cameroun, ont comparu jeudi dans trois procès successifs devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Le premier procès, visant trois figures de la contestation, Félix Agbor Nkongho, avocat, Neba Fontem Aforteka'a, enseignant, et Mancho Bibixy, dit "BBC", animateur de radio, a repris jeudi, plus d'un mois après son ouverture mi-févier.

MM. Agbor Nkongho et Neba Fontem sont deux figures de la Cameroon Anglophone Civil Society Consortium (CACSC), une organisation favorable au fédéralisme qui a été interdite en janvier. Mancho "BBC" est présenté comme l'un des chefs de file de la révolte dans son épicentre, Bamenda.

La minorité anglophone - environ 20% de la population estimée à 22 millions - se dit marginalisée par les francophones. Suite aux manifestations et aux appels très suivis aux journées "villes mortes" depuis novembre, le gouvernement a coupé internet dans les deux régions anglophones, depuis le 17 janvier soit plus de deux mois, un record en Afrique.

Le gouvernement a également procédé à l'arrestation de plus de 80 personnes, d'après les chiffres officiels.

Arrêtés en janvier, les accusés sont poursuivis pour "actes de terrorisme, sécession, révolution, insurrection, incitation à la guerre civile", selon l'acte d'accusation, des charges passibles de la peine de mort.

Leurs avocats ont introduit une demande de remise en liberté provisoire qui sera examiné le 27 avril, a assuré le tribunal.

Le deuxième procès, dont la première audience a eu lieu jeudi, concerne 25 personnes, dont Mancho Bibixy "BBC", déjà cité dans la première affaire. Elles sont poursuivies notamment pour "actes de terrorisme, rébellion, hostilité à la patrie, dégradations des biens publics, pillage en bande". Toutes ont plaidé non coupable et l'affaire a été renvoyée au 27 avril.

Le ministère public a requis la jonction de ces deux procédures mais les avocats ont exprimé leur opposition, estimant que la demande n'était ni légale ni opportune.

Ils ont estimé que le parquet faisait diversion, rappelant que le procès des trois figures de la contestation anglophone avait été renvoyé à ce jeudi pour l'audition des témoins de l'accusation qui n'a pu avoir lieu.

Le tribunal dira le 7 si les deux procès seront joints ou pas.

Enfin, cinq autres personnes ont comparu dans le cadre d'un troisième procès pour "actes de terrorisme, complicité d'hostilité à la patrie, succession et financement de terrorisme". L'affaire a été également renvoyée au 27 avril pour comparution des témoins de l'accusation.

Avec AFP

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