Liens d'accessibilité

Cameroun : l’opposition réclame l’annulation de la présidentielle


La réélection de Paul Biya, qui faisait face à 22 candidats de l'opposition, semble pratiquement assurée.

La réélection de Paul Biya, qui faisait face à 22 candidats de l'opposition, semble pratiquement assurée.

L'opposition accuse la commission électorale du Cameroun de favoriser le RDPC de M. Biya.

Le vice-président du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, a déclaré que le scrutin s’est déroulé dans une « cacophonie totale » et « ne peut pas donner de légitimité au vainqueur ». Il a affirmé que son parti a l'intention de déposer une plainte officielle auprès de la cour suprême du pays mercredi.

Le leader du SDF, John Fru Ndi, est le principal rival du président Paul Biya, dont la réélection semble pratiquement assurée.

Les observateurs ont noté un très faible taux de participation dimanche. De nombreux Camerounais mettent cette apathie électorale sur le compte du résultat prévisible de l’élection d’autant que M. Biya est pressenti pour un nouveau mandat de sept ans, après 29 ans au pouvoir.

L'opposition accuse la commission électorale du Cameroun de favoriser le RDPC de M. Biya. Des plaintes ont été déposées suite à des irrégularités notées sur les listes électorales.

Mardi, le secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a salué le fait que cette élection présidentielle s’est déroulée de « manière pacifique ». Il a fait appel à tous les acteurs politiques du pays à «utiliser les voies légales établies pour résoudre les litiges électoraux ».

La France, ancienne puissance colonial au Cameroun, dit n’avoir noté aucune irrégularité dans le déroulement du scrutin, ajoutant que l’élection a eu lieu dans «des conditions acceptables."

Mais dimanche le président Biya a lui-même admis qu'il pouvait y avoir des «imperfections» dans le processus électoral. Et de faire appel à la patience des uns et des autres, tout en affirmant que son gouvernement n'avait aucune intention de tricher.

Les résultats officiels de l’élection ne seront rendus publics que dans deux semaines au plus tôt. Selon les observateurs, les bureaux de vote ont été fort peu fréquentés dimanche. D’après certains recoupements, moins de 15 pour cent d’électeurs inscrits seulement auraient accompli leur devoir civique.

Paul Biya, âgé de 78 ans, dirige le Cameroun depuis 1982. En 2008, il s’était débarrassé des limites constitutionnelles sur le mandat présidentiel afin de pouvoir briguer une réélection cette année. Cette décision avait suscité des mouvements de rue dans lesquels au moins 40 personnes avaient été tuées.

XS
SM
MD
LG