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"Call of Duy" et l'honneur de l'ex-chef rebelle angolais Savimbi : jugement le 24 mars


Savimbi dans "Call Of Duty"

Savimbi dans "Call Of Duty"

Un tribunal français, saisi par les enfants de Jonas Savimbi, dira si le jeu à succès "Call of Duty" porte "atteinte à l'honneur" de l'ancien chef rebelle angolais en le montrant en "brute barbare".

Un tribunal français, saisi par les enfants de Jonas Savimbi, dira le 24 mars si le jeu à succès "Call of Duty" porte "atteinte à l'honneur" de l'ancien chef rebelle angolais en le montrant en "brute barbare".

Trois des enfants Savimbi, installés en région parisienne, ont attaqué en diffamation la branche française de l'éditeur américain du jeu de tir, nourri à la violence guerrière, Activision Blizzard.

Devant le tribunal de Nanterre, dans la banlieue ouest de Paris, ces héritiers entendent "réhabiliter la mémoire et l'image" de leur père, a expliqué l'un des fils, Cheya, 42 ans. Ils demandent le retrait de la version du jeu incriminée et un million d'euros de dommages et intérêts.

Seigneur de guerre aussi charismatique que controversé, Jonas Savimbi a dirigé les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), lors du conflit contre le colonisateur portugais puis lors de la guerre civile qui a déchiré le pays à partir de 1975. Longtemps allié des Etats-Unis face au régime pro-communiste du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), sa mort au combat en 2002 avait mis un terme à 27 ans de guerre civile.

Plus de dix ans après sa mort, Jonas Savimbi a refait surface en allié du héros de "Call of Duty", Alex Mason, et dans son rôle de chef de guerre dans l'opus "Black Ops II" sorti en 2012: dans une séquence, il apparaît dans le feu des rafales ennemies, haranguant ses troupes depuis un char, lance-grenades à la main, en criant: "Il faut les achever!"

Une mise en scène jugée "négative" par les proches de Savimbi: "Certes ce fut un chef de guerre, mais parallèlement un leader politique" sur l'échiquier de la Guerre froide, "l'ami de Mandela, de Bush, de Reagan", a plaidé à l'audience l'avocate des enfants, Me Carole Enfert.

En face, "Call of Duty" a invoqué "la liberté d'expression", pour un "jeu, une oeuvre de fiction qui fait intervenir des faits réels de l'histoire": "C'était un chef de guerre, il n'y a pas de contestation possible", a fait valoir Me Etienne Kowalski, avocat d'Activision. Le tribunal se prononcera le 24 mars.

"Call of Duty" a déjà mis en scène dans ses fictions historiques Fidel Castro, John F. Kennedy ou encore l'ex-dictateur du Panama Manuel Noriega.

Avec AFP

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