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Burundi : trois "insurgés" tués dans une embuscade contre un haut responsable de la police


Un homme à Bujumbura, le 13 mai 2015. (REUTERS/Goran Tomasevic)

Un homme à Bujumbura, le 13 mai 2015. (REUTERS/Goran Tomasevic)

Deux autres "insurgés", ayant attaqué vendredi le véhicule du général Christophe Ndayishimiye, chef des unités spécialisées de la police, ont été arrêtés. Le général n'était pas dans sa voiture.

Trois assaillants ont été tués et deux autres arrêtés, vendredi 4 décembre à Bujumbura, après avoir tendu une embuscade à un haut responsable de la police qui n'était pas dans son véhicule, a annoncé une source policière.

Les cinq assaillants, en uniforme de l'API (Appui pour la protection des institutions), une unité d'élite de la police, ont tiré à la roquette et au fusil d'assaut sur le véhicule du général Christophe Ndayishimiye, chef des unités spécialisées de la police, sur une des avenues les plus fréquentées de la capitale, près du centre-ville, a expliqué à l'AFP un haut gradé de la police ayant requis l'anonymat.

"Les forces de l'ordre sont intervenues tout de suite (...) trois insurgés ont été tués, deux autres capturés et plusieurs armes saisies", a déclaré cette même source, précisant que le général Ndayishimiye n'était pas dans le véhicule pris pour cible et qu'aucun occupant n'avait été blessé.

"Civils déguisés en policiers"

Selon un cadre du Service national de Renseignement (SNR), les assaillants étaient des "civils déguisés en policiers" et non des membres de l'API.

Le général Ndayishimiye, connu sous le sobriquet de "Wakenya" ("le boîteux"), a combattu durant la guerre civile (1993-2006) dans la rébellion du CNDD-FDD, devenue en 2005 le parti au pouvoir quand son chef Pierre Nkurunziza a été élu chef de l'Etat.

Le général "Wakenya" est un des hommes-clés de la répression des six semaines de manifestations contre le 3e mandat du président Nkurunziza, déclenchées fin avril par l'annonce de sa candidature, puis des violences désormais armées qui se sont intensifiées depuis la réélection controversée du chef de l'Etat en juillet.

Il est la cinquième figure du pouvoir - et le quatrième haut responsable sécuritaire - visée par une embuscade depuis cette réélection.

L'homme fort de l'appareil sécuritaire, le général Adolphe Nshimirimana, a péri le 2 août dans une attaque à la roquette en plein Bujumbura, tandis que le chef d'état-major de l'armée, Prime Niyongabo, a réchappé en septembre à des tirs ayant tué 7 membres de son escorte.

Fin novembre, le colonel Serge Kabanyura, commandant de la 5ème région militaire, dans l'ouest du Burundi, avait été blessé lors d'une embuscade à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Bujumbura, le lendemain de tirs visant à Bujumbura Zénon Ndaruvukanye, membre de l'organe dirigeant du CNDD-FDD, qui en avait réchappé.

Les affrontements armés entre forces de l'ordre et insurgés sont devenues quasi-quotidiens à Bujumbura.

Avec AFP

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