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Burundi : la police tue 5 personnes à Bujumbura dans des circonstances controversées


Une patrouille à Bujumbura, le 20 novembre 2015. (REUTERS/Goran Tomasevic)

Une patrouille à Bujumbura, le 20 novembre 2015. (REUTERS/Goran Tomasevic)

Selon la police, les cinq personnes avaient préalablement attaqué une patrouille à l'aide de grenades. Mais selon des témoins, il s'agit d'une "exécution extrajudiciaire".

Au moins cinq personnes ont été tuées mercredi 9 décembre après avoir attaqué à la grenade une patrouille policière dans un quartier contestataire du nord de Bujumbura, a affirmé le porte-parole de la police burundaise.

Cette version a été démentie par des témoins qui dénoncent une "exécution extrajudiciaire".

Un policier et une autre personne ont par ailleurs été tués dans un autre incident survenu dans la nuit de mardi à mercredi, près d'une annexe de la mairie de Bujumbura, a ajouté à l'AFP Pierre Nkurikiye, le porte-parole de la police.

Selon lui, les cinq personnes tuées mercredi faisaient partie d'un groupe d'insurgés qui ont lancé en début de matinée deux grenades en direction des policiers dans le quartier de Cibitoke, en en blessant deux, dont un grièvement.

"Lorsque ces criminels ont lancé une troisième grenade, les policiers ont riposté et en ont tué cinq, alors que d'autres ont réussi à s'enfuir", a précisé le porte-parole de la police.

Aucune grenade jetée par les jeunes gens abattus, selon des témoins

Mais plusieurs voisins des jeunes gens abattus ont assuré à l'AFP qu'ils n'avaient jeté aucune des grenades.

Après l'explosion de plusieurs grenades, la police est entrée dans la cour, les a forcé à sortir et s'aligner dehors, avant de les exécuter à bout portant, selon ces témoignages.

"Il suffit de voir comment les corps étaient pratiquement alignés, avec des blessures centrées essentiellement sur la tête et dans le dos, et baignant dans une mare de sang, pour se convaincre qu'il s'agit d'une exécution extrajudiciaire", a déclaré à l'AFP un élu local, sous couvert d'anonymat.

La police parle de "complicités" au sein de la population

Le porte-parole de la police a nié ces accusations, assurant que ces groupes de "criminels" - l'appellation officielle des insurgés désormais armés -, devaient bénéficier de complicités au sein de la population.

Cet incident est survenu après une nuit marquée par des nombreuses explosions de grenades et tirs à l'arme automatique dans plusieurs quartiers de Bujumbura.

"Un policier a été tué et un homme qui passait a été touché mortellement par une balle perdue lors de l'attaque d'un bureau de la mairie de Bujumbura situé dans le quartier de Bwiza", au centre de la capitale, a expliqué Pierre Nkurikiye.​

Avec AFP

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