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Burundi : un ministre ougandais à la rescousse pour relancer le dialogue


Le président du Burundi Pierre Nkurunziza prête serment, le 20 août 2015. (AP)
Le président du Burundi Pierre Nkurunziza prête serment, le 20 août 2015. (AP)

Crispus Kiyonga est arrivé mercredi à Bujumbura pour tenter de relancer le dialogue entre le gouvernement et les opposants au troisième mandat du président Nkurunziza.

Le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, est arrivé à Bujumbura mercredi, a appris l'AFP jeudi 29 octobre de source officielle. Objectif : relancer le dialogue inter-burundais et sortir le Burundi de la crise politique qu'il traverse depuis fin avril.

"Il a rencontré les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale", a annoncé Willy Nyamitwe, responsable de la communication présidentielle au Burundi.

Crispus Kiyonga a pris le relais de son président Yoweri Museveni, médiateur désigné par un sommet de la Communauté des états de l'Afrique de l'est (EAC) en juillet, au plus fort de la contestation contre la volonté du président burundais Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat, qui viole la Constitution selon l'opposition.

Un premier round de discussions n'avait rien donné, la partie gouvernementale ayant décidé de se retirer du dialogue, deux jours avant la présidentielle contestée de juillet qui a débouché sur la réélection de M. Nkurunziza.

Vers des négociations à l’extérieur du Burundi ?

"Ce ne sera pas facile. Le facilitateur est arrivé ici avec la délicate mission de relancer le dialogue inter-burundais (...). Il va tenter de convaincre le gouvernement de s'asseoir à la même table que son opposition radicale, et cela en Ouganda ou en Ethiopie", a expliqué un diplomate en poste à Bujumbura, sous couvert d'anonymat.

L'Union africaine (UA), qui bénéficie du soutien de l'Union européenne et de l'ONU, a recommandé la relance d'un dialogue inclusif, à l'extérieur du Burundi. Mais Bujumbura a exclu jusqu'ici de s'asseoir à la même table que l'opposition, essentiellement regroupée au sein d'une coalition, le Cnared, et rejette tout dialogue qui n'aurait pas lieu au Burundi.

Signe que la situation est extrêmement tendue à Bujumbura, la visite au Sénat a été émaillée d'un "grave incident diplomatique" quand les services de sécurité ont refusé l'accès au secrétaire général de l'EAC, Richard Sezibera, qui seconde le ministre ougandais dans ce dialogue.

Le gouvernement burundais a déjà pris à partie à plusieurs reprises le secrétaire général de l'EAC, à cause de ses origines rwandaises, en l'accusant de chercher "à nuire" aux intérêts du Burundi au sein de l'organisation régionale.

"Ce ne sera pas facile, mais la pression internationale sur le pouvoir est aujourd'hui tellement forte que j'espère qu'il va comprendre qu'il est dans son intérêt de répondre positivement à l'invitation du facilitateur", a souhaité le premier diplomate.

Avec AFP

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