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Burundi : l'ONU condamne l’arrestation et le maintien en détention du directeur d'une radio locale


Le président burundias, Pierre Nkuruziza reçu par le sécretaire d'état américain

Le président burundias, Pierre Nkuruziza reçu par le sécretaire d'état américain

Personne ne doit être poursuivi pour l'exercice légitime de son droit fondamental à la liberté d'expression et d'opinion, a déclaré vendredi à deux journalistes Ravina Shamdasani, la porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies.

Le Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies a fait état, à Genève, de sérieuses inquiétudes à propos de l'exercice de la liberté d'expression au Burundi, en particulier dans la perspective des prochaines élections.

La justice burundaise a ordonné mercredi le maintien en détention préventive de Bob Rugurika, le directeur de la radio locale RPA, en prison depuis plus de deux semaines pour "complicité d'assassinats" de trois religieuses italiennes, a annoncé à l'AFP un de ses avocats.

Arrêté le 21 janvier, Bob Rugurika risque jusqu'à 20 ans de prison.

Le directeur de RPA est accusé d’avoir diffusé, il y a trois semaines, des aveux d'un homme qui se présente comme l'un des assassins de trois religieuses italiennes de 75, 79 et 83 ans, tuées en septembre dernier à Kamenge, dans le nord de Bujumbura.

Dans ces aveux, celui-ci met en cause de hauts responsables des services secrets burundais dans le triple homicide.

Cette version prend le contre-pied de celle de la justice burundaise, qui avait arrêté un jeune homme dans le quartier de Kamenge peu après les faits. Celui-ci, qui passe pour un "déséquilibré mental", est accusé d'être le responsable de ce triple meurtre et a été écroué.

Cette thèse n'a guère convaincu au Burundi, en raison notamment d'une présence massive de policiers sur les lieux du crime au moment de l'assassinat de la troisième religieuse.

La société civile et les médias burundais sont mobilisés dans une campagne pour la libération du journaliste. L'Union européenne, les États-Unis et plusieurs organisations internationales des droits de l'homme demandent également sa remise en liberté.

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