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Burundi : le parti au pouvoir et ses alliés "récusent" le nouveau médiateur


Le parti au pouvoir au Burundi et ses alliés ont récusé dimanche le nouveau médiateur dans la crise burundaise, le Sénégalais Abdoulaye Bathily, accusé d'avoir manqué gravement au respect de la souveraineté du pays".

"Le parti CNDD-FDD demande à M. Bathily de démissionner de son poste de facilitateur dans la crise burundaise parce qu'il a manqué gravement au respect de la souveraineté du pays et s'est donc lui-même récusé", a annoncé à l'AFP son porte-parole, Gélase-Daniel Ndabirabe.

M. Bathily, représentant spécial de l'Onu pour l'Afrique centrale, a été nommé à la tête de la médiation onusienne mi-juin à la place de Said Djinnit, qui avait jeté l'éponge lui-même le 11 juin, après avoir été récusé par les adversaires du camp présidentiel qui le jugeaient partial.

Le CNDD-FDD reproche notamment à Abdoulaye Bathily de ne pas "s'être annoncé" chez les plus hautes autorités du Burundi dont le président Pierre Nkurunziza dès son arrivée, mais d'avoir plutôt privilégié des diplomates et l'opposition et d'avoir demandé un report des élections.

"Le parti annonce (...) qu'il retire toute sa confiance en ce représentant du secrétaire général de l'Onu et lui demande de déposer lui-même sa démission puisqu'il s'est récusé avant d'avoir commencé son boulot", a insisté M. Ndabirabe.

Ce rejet de la médiation d'Abdoulaye Bathily survient après sa "récusation" samedi et dimanche matin par les alliés du CNDD-FDD de l'aile reconnu par le gouvernement du principal parti tutsi Uprona et de plusieurs autres petits partis regroupés dans la coalition Copa.

Le porte-parole du parti présidentiel a également accusé l'Onu "d'avoir fait pression" sur la Mission électorale des Nations unies au Burundi (Menub) "pour refuser la volonté du peuple exprimée à travers des élections".

Un rapport de la Menub avait estimé jeudi que les élections législatives et communales du 29 juin s'étaient déroulées "dans un environnement qui n'était pas propice à la tenue d'un scrutin libre, crédible et fédérateur".

Les dirigeants des pays de la Communauté est-africaine (EAC) tenteront une nouvelle fois de dénouer la crise politique burundaise lundi à Dar es Salaam, en Tanzanie, où deux sommets régionaux sur ce sujet ont déjà eu lieu.

Le principal conseiller en communication de Pierre Nkurunziza, par ailleurs chef de campagne du parti au pouvoir CNDD-FDD, Willy Nyamitwe, a appelé dimanche la communauté internationale - notamment la Belgique, ancien pouvoir colonial - à respecter les résultats des élections.

"Les élections au Burundi sont les élections du peuple burundais, qui est souverain. On ne demande ni au peuple belge, ni au gouvernement belge de dicter au peuple burundais ce qu'il doit faire en ce qui concerne ses droits civiques et politiques", a-t-il déclaré.

"Le Burundi veut garder de bonnes relations avec tous ses partenaires mais il n'est donné à aucun de ses partenaires d'aller au-delà du respect mutuel", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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