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Burundi : le gouvernement met en garde contre un soulèvement


Le président Pierre Nkurunziza (archives)

Le président Pierre Nkurunziza (archives)

La mise en garde est venue du ministre burundais de l'Intérieur vendredi au lendemain d’une grande manifestation organisée après la libération d’un journaliste arrêtée pendant quelques semaines.

Le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana a plutôt adressé la mise en garde contre l’opposition qu’il a accusé de préparer un soulevement.

Il a déclaré à l’AFP que son gouvernement suivait de près depuis un bon moment ceux qui appellent la population à se soulever.

Pour lui, l’accueil massif du journaliste libéré jeudi n’était en réalité qu’un test mené par l’opposition "pour voir s'ils pourront faire ce qu'ils projettent de faire".

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bujumbura pour accueillir le directeur de la très populaire radio RPA, Bob Rugurika, tout juste libéré sous caution.

M. Nduwimana estime que l'objectif des organisateurs de la manifestation -- selon lui la RPA alliée à l'opposition -- est de faire tomber "les institutions", et d'"empêcher qu'il y ait des élections dans notre pays".

Le ministre avait interdit la manifestation de jeudi. Mais la population a bravé l'interdiction et la police n'est intervenue qu'en fin de rassemblement pour disperser à coup de canons à eau les derniers manifestants.

La tension ne cesse de monter au Burundi à l'approche des élections législatives et communales de mai, puis présidentielle de juin. Elle se cristallise de plus en plus autour de la décision très attendue du président Pierre Nkurunziza de briguer -- ou non -- un troisième mandat.

La société civile et l'opposition estiment qu'un tel troisième mandat serait inconstitutionnel. Pierre Nkurunziza, qui, s'il entretient encore le doute, n'a jamais fait mystère de sa volonté de se présenter, estime le contraire. Il est cependant de plus en plus contesté au sein de son propre parti, le Cndd-FDD.

Pour des observateurs et des membres de l'opposition, la manifestation de jeudi était clairement un message envoyé au président pour qu'il renonce à se représenter.

Pour Agathon Rwasa, ex-rebelle devenu principal leader de l'opposition, les Burundais ont envoyé un signal fort au président Pierre Nkurunziza.

M. Nkurunziza "doit avoir le bon sens, l'humilité d'entendre ce que lui a dit la population", a-t-il estimé. "C'est sa dernière chance de sortir honorablement".

La RPA est la radio la plus populaire au Burundi. L'arrestation en janvier de son directeur avait déclenché de vives protestations.

La justice reproche au journaliste, inculpé de complicité d'assassinat, la diffusion des aveux d'un homme qui se présente comme l'un des meurtriers de trois religieuses italiennes tuées en septembre dans le nord de Bujumbura. Cet homme met aussi en cause de hauts responsables des services secrets burundais, sans expliquer leurs éventuels mobiles.

Cette version prend le contre-pied de celle de la justice, qui a arrêté un jeune homme qui passe pour un "déséquilibré".

(L'information reprise dans cet article provient de l'AFP).

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