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Burundi : la présidence "minimise" l’alerte internationale sur le risque de massacres de masse ou de génocide


Trois véhicules endommagés suite à l'explosion d'une grenade près de la Banque commerciale Kenya à Bujumbura, le 29 mai 2015. (Edward Rwena/VOA)

Trois véhicules endommagés suite à l'explosion d'une grenade près de la Banque commerciale Kenya à Bujumbura, le 29 mai 2015. (Edward Rwena/VOA)

Au Burundi, la présidence nie une guerre civile éventuelle ou un plan de génocide dans le pays. Le conseiller principal en communication dénonce, au micro de VOA, "les détracteurs" qui vendent des "mensonges".

Willy Nyamitwe, conseiller principal en communication du président Pierre Nkurunziza, a qualifié samedi 7 novembre de "fausse alerte" le risque de massacres de masse ou de génocide au Burundi.

ICG, l’International Crisis Group, avait alerté le monde, vendredi, affirmant que le Burundi faisait "à nouveau face à de possibles atrocités à grande échelle et une possible guerre civile". L'ICG faisait référence à l’ultimatum de cinq jours du président Nkurunziza adressé à des groupes qui combattent la police dans les communes contestataires contre le troisième mandat.

"Pas étonnant", répond M. Nyamitwe qui affirme que "rien n’arrivera au pays".

"L'escalade de la violence, la rhétorique de plus en plus radicale et le flot continu de réfugiés (plus de 200 000) indiquent que les divisions se creusent", ajoutait l’International Crisis Group (ICG), dans son "alerte conflit" de vendredi.​

De son côté, la présidence burundaise minimise la crainte de la communauté internationale, et dénonce la "manipulation de l’opposition radicale contre le pouvoir de Bujumbura", a souligné M. Nyamitwe.

Toutefois, Willy Nyamitwe reconnaît qu’il y a des morts au quotidien qu’il juge "horribles" mais il les attribue aux "terroristes", ceux qui s’affrontent avec la police dans les quartiers contestataires. Il dément avec énergie les accusations contre la police. "Si des gens portent l’uniforme, ça ne veut pas dire que ce sont des éléments de la police", dit-il.

Selon l’AFP, le président actuel du Sénat Révérien Ndikuriyo avait récemment menacé de "pulvériser" les quartiers" contestataires de Bujumbura. Il avait employé le terme "travailler", qui renvoie au génocide de 1994 au Rwanda contre les Tutsi où des miliciens hutu étaient encouragés à bien "travailler". Mais M. Nyamitwe s’insurge contre ce qu’il décrit comme "vaste campagne de médisance contre le peuple burundais".

Cette semaine, Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité publique, avait pour sa part brandi la menace de recourir à la majorité hutu en cas d’échec des forces de l’ordre : "Il suffit de dire 'faites quelque chose', aux neuf millions de citoyens favorables au président. En quelques minutes, ils seraient ici ! Qui parmi ceux qui ne rentrent pas dans le rang survivrait dans ce cas ?"

Lundi, à l’initiative de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir pour examiner la situation au Burundi. La procureur de la CPI Fatou Bensouda a averti dans un communiqué qu’elle était prête à poursuivre tous les responsables des crimes de masse. Quant aux Etats-Unis, ils ont demandé ce samedi au régime de Bujumbura d’abandonner les opérations envisagées pour éviter d’enflammer la situation.

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