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Burundi : la médiation ougandaise se poursuit


Le president ougandais Yoweri Museveni.

Le president ougandais Yoweri Museveni.

Calendrier, modalités et ordre du jour de ces pourparlers n'étaient pas connus dans l'immédiat.

Le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, a pris jeudi à Bujumbura le relais de son président Yoweri Museveni pour tenter de dénouer la crise au Burundi, alors que l'opposition s'organise parallèlement pour "chasser" le chef de l'Etat burundais Pierre Nkurunziza.

A quelques jours de la présidentielle prévue le 21 juillet, les délégués du gouvernement, du parti présidentiel CNDD-FDD, de l'opposition et de la société civile, ainsi que deux anciens chefs de l'Etat burundais ont repris en fin d'après-midi, sous l'égide de M. Kiyonga arrivé à la mi-journée à Bujumbura, les discussions entamées mardi et mercredi avec M. Museveni.

Calendrier, modalités et ordre du jour de ces pourparlers n'étaient pas connus dans l'immédiat.

M. Museveni, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC) pour dénouer la crise née fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, avait quitté Bujumbura mercredi après avoir obtenu des parties un engagement à négocier "sans discontinuer".

Le temps presse d'ici à la présidentielle, que l'opposition entend boycotter, comme elle a boudé le 29 juin les législatives et communales.

Deux figures de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa et Charles Nditije, ont répété jeudi à l'AFP que celle-ci entendait obtenir l'annulation des scrutins du 29 juin et le report de la présidentielle - déjà repoussée deux fois - afin de permettre l'organisation de scrutins crédibles.

Bujumbura refuse ces revendications, arguant d'un risque de vide institutionnel à l'expiration du mandat du président Nkurunziza le 26 août.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le gouvernement a assuré que "le processus électoral engagé ne va pas s'arrêter" pendant les négociations en cours et que l'élection présidentielle se déroulera comme prévu le 21 juillet.

Parallèlement au dialogue en cours à Bujumbura, des opposants et dissidents en exil ont annoncé la formation d'un "Conseil national pour le Respect de l'accord d'Arusha et la Restauration de l'Etat de droit", dont l'objectif est de "faire partir" le président Nkurunziza du pouvoir, s'il le faut par la force, comme l'a expliqué mercredi sur la chaîne de télévision France 24 l'opposant Alexis Sinduhije.

Selon l'hebdomadaire The East African, cette structure regroupe également l'ex-second vice-président burundais Gervais Rufyikiri et l'ancien président de l'Assemblée nationale Pie Ntavyohanyuma, caciques du régime opposés au troisième mandat et exilés en Belgique depuis la fin juin, ainsi qu'Hussein Radjabu, ex-proche du chef de l'Etat tombé en disgrâce, en exil depuis son évasion de prison début mars.

Le général Godefroid Niyombare, ex-compagnon d'armes de M. Nkurunziza durant la guerre civile et chef des putschistes de mai, a indiqué "adhérer" à ce Conseil avec les membres de l'armée qu'il représente, selon un document obtenu par l'AFP.

Des opposants restés à Bujumbura ont signé une déclaration similaire, dont M. Nditije, Léonce Ngendakumana et Jean Minani, trois dirigeants de partis qui participent aux négociations en cours.

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