Liens d'accessibilité

Burundi : des milliers de manifestants affrontent la police


Des soldats roulent un roc placé par des manifestants à Cibitoke, un quartire de Bujumbura, Burundi, vendredi 22 mai 2015.

Des soldats roulent un roc placé par des manifestants à Cibitoke, un quartire de Bujumbura, Burundi, vendredi 22 mai 2015.

De violents affrontements opposaient vendredi après-midi des milliers de manifestants hostiles au président Pierre Nkurunziza, aux forces de l'ordre à Bujumbura dans le quartier de Cibitoke.

Rassemblée sur l'une des principales avenues du quartier, la foule des manifestants en liesse avançait vers le quartier voisin de Ngagara, d'où militaires et policiers tentaient tant bien que mal, sous les jets de pierres, de les repousser en tirant en l'air, rapporte l’AFP.

C'est l'un des rassemblements les plus importants depuis le début, le 26 avril, de la contestation populaire contre un troisième mandat du président Nkurunziza.

Après avoir été un moment débordés, militaires et policiers ont tendu en travers de la rue des fils de fer barbelés face au cortège chantant et criant, qui s'étendait sur plusieurs centaines de mètres.

Des manifestants ont pillé un camion de bouteilles de bières garé sur le bas-côté, distribuant la précieuse marchandise sous les cris de joie.

De gros cailloux, un pneu, ou encore des planches jonchaient par endroits la chaussée, vestiges des barricades de fortune un moment érigées par les manifestants.

"Et le gouvernement dit qu'il n'y a pas de manifestation à Bujumbura!", a ironisé Adolphe, 46 ans, ingénieur civil et habitant du quartier.

"Les gens manifestaient tranquillement dans le calme, quand la police est arrivée. Elle a avancé dans Cibitoke et elle est entrée dans les ruelles en tirant. Du coup toute la population s'est mise en colère et est sortie pour les chasser", a raconté ce témoin, qui tentait de calmer les protestataires.

"Je veux qu'on reste dans le quartier, il est trop tard pour marcher sur le centre-ville", a-t-il expliqué, alors que le centre de la capitale est l'objectif affiché des manifestants depuis le début de la contestation il y a quatre semaines.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG