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Burundi : le Conseil de sécurité de l'ONU prône une solution "par étapes"


Samantha Power, ambassadrice américaine à l'ONU, Pierre Nkurunziza, président du Burundi, lors d'une conférence de presse à Gitega, le 22 janvier 2016. (REUTERS/Michelle Nichols - RTX23M9J)

Samantha Power, ambassadrice américaine à l'ONU, Pierre Nkurunziza, président du Burundi, lors d'une conférence de presse à Gitega, le 22 janvier 2016. (REUTERS/Michelle Nichols - RTX23M9J)

La rencontre, samedi à Addis Abeba, entre les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU et les dirigeants de l'Union africaine a porté sur le déploiement d'une force africaine au Burundi et sur la reprise des discussions avec l'opposition.

Les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU ont prôné, samedi 23 janvier, une solution "par étapes" avec les dirigeants de l'Union africaine pour tenter d'enrayer l'escalade des violences au Burundi, dont le président Pierre Nkurunziza s'oppose à toute ingérence internationale.

La rencontre s'est déroulée au siège de l'UA à Addis Abeba, alors que les envoyés des 15 pays membres du Conseil ont reconnu avoir enregistré peu de progrès vendredi à Bujumbura lors de leurs entretiens avec Pierre Nkurunziza.

Les discussions ont porté sur le déploiement d'une force africaine et sur une reprise des discussions avec l'opposition pour mettre fin à la crise provoquée par l'élection controversée à un troisième mandat du président l'an dernier. Les violences se sont multipliées depuis l'annonce de sa candidature en avril et sa réélection en juillet.

Mais Pierre Nkurunziza "est dans le déni total des dangers", a regretté samedi l'ambassadeur égyptien Amr Aboulatta, à l'issue de cette tournée de trois jours.

Des violences, qui ont fait au moins un mort, ont ainsi éclaté jeudi à Bujumbura peu avant l'arrivée de la délégation onusienne.

"Beaucoup plus de peur" chez la société civile

C'est la seconde fois en 10 mois que le Conseil de sécurité se rend au Burundi et la représentante des Etats-Unis, Samantha Power, a noté "beaucoup plus de peur" de la part des dirigeants de la société civile, qui vivent pour la plupart en exil. Mais "nous devons procéder par étapes" malgré la gravité de la situation, a-t-elle souligné.

Le sommet de l'UA, les 30 et 31 janvier en Ethiopie, doit évoquer le projet de force africaine de 5 000 hommes déployée au Burundi, considérée par Bujumbura comme une "force d'invasion et d'occupation".

Pour Amr Aboulatta, une résolution de l'ONU soutenant la force de l'UA serait "prématurée" et le bloc panafricain doit "reconsidérer son approche" après le refus de Pierre Nkurzunziza.

L'envoyé russe, Petr Iliichev, a proposé la création d'une mission policière internationale pour patrouiller dans les quartiers contestataires de Bujumbura, soulignant l'impact "négatif" de la présence de troupes africaines dans les efforts pour renouer le dialogue entre le gouvernement et l'opposition.

La France, pour sa part, a souhaité un déploiement "aussi vite que possible" d'une centaine d'experts militaires et d'observateurs des droits de l'Homme appartenant à l'UA, notamment à la frontière avec le Rwanda, accusé par Pierre Nkurunziza de soutenir des groupes d'opposition armés, ce que Kigali dément.

Le sort de la médiation ougandaise en question

Le sommet de l'UA devra également décider du sort de la médiation ougandaise, qui n'a organisé qu'une réunion entre gouvernement et opposition en décembre, alors que les membres du Conseil ont poussé pour un rôle accru de l'ONU dans cette médiation.

Plutôt que des sanctions, l'ONU a également préféré évoquer une aide financière au Burundi dans un geste de soutien pour régler la crise.

Samantha Power a reconnu que les discussions vendredi avec le président burundais "n'avaient pas été aussi productives" que ce que le le Conseil aurait souhaité.

Pierre Nkurunziza est resté intransigeant, rejetant les appels pour un dialogue inclusif, pour de nouveaux efforts de médiation et pour l'envoi de la force africaine.

Il a réfuté que les violences puisse déboucher sur des massacres ethniques. "Je vous garantis qu'il n'y aura plus de génocide au Burundi", a-t-il ainsi assuré, en promettant que "le pays est en sécurité à 99 %".

Avec AFP

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